Coryne Zeng, membre du comité communication de l’équipe EGEP-EHCVM, à Port-Gentil / Gabonactu.com
Une semaine durant, du 1er au 8 septembre en cours, une mission de sensibilisation a sillonné plusieurs localités de la province de l’Ogooué-Maritime (littoral sud) afin de préparer les autorités locales, les auxiliaires de commandement et les communautés à l’arrivée des équipes chargées de collecter les données auprès des ménages dans le cadre des enquêtes EGEP et EHCVM sur la pauvreté. Les enquêteurs de l’Institut national de la statistique (INSAT) seront déployés à cet effet, dans les tout prochains jours, à Port-Gentil et dans la province de l’Ogooué-Maritime.
Dans cette phase de sensibilisation, de Port-Gentil à Omboué, en passant par le département de Bendjé et plusieurs zones rurales, les équipes de l’INSTAT ont privilégié les échanges directs avec les acteurs de terrain. L’objectif était de présenter la portée de ces deux opérations statistiques, mais surtout de favoriser l’adhésion des populations et de prévenir les difficultés susceptibles de perturber la collecte.

Pour Coryne Zeng, membre du comité communication de l’équipe EGEP-EHCVM, cette démarche de proximité doit permettre de préparer les relais locaux à l’arrivée des enquêteurs et d’expliquer aux populations l’intérêt de leur participation.
« Nous sommes là dans le cadre d’une mission de sensibilisation et de communication de proximité auprès des auxiliaires de commandement, afin d’annoncer l’arrivée des agents enquêteurs en ce qui concerne la collecte des ménages dans le cadre de l’enquête de pauvreté », a-t-elle expliqué.
Au-delà de la collecte de données, ces enquêtes doivent permettre de disposer d’une photographie plus récente des conditions de vie des ménages gabonais. L’EGEP doit notamment contribuer à mesurer l’évolution du niveau de pauvreté, tandis que l’EHCVM, menée selon une méthodologie harmonisée avec plusieurs pays de la CEMAC et de l’UEMOA, vise à appréhender la pauvreté dans ses différentes dimensions.
Minimiser les réticences et les facteurs barrières
La réussite de l’opération à venir dépendra donc largement de la collaboration des ménages sélectionnés. C’est pourquoi l’INSTAT accorde une place importante aux chefs de quartier et autres auxiliaires de commandement, considérés comme des interlocuteurs privilégiés des populations.
Leur mission consiste notamment à faciliter le contact entre les enquêteurs et les habitants, à rassurer les ménages et à dissiper les éventuelles incompréhensions. À Port-Gentil, certains responsables locaux ont d’ailleurs rappelé que la méfiance des populations avait parfois compliqué les précédentes opérations de collecte.
Augustin Doupassou, chef de quartier Orêty, dans le 3e arrondissement de Port-Gentil, estime qu’une communication suffisamment claire est indispensable pour éviter que les enquêteurs ne soient confrontés aux mêmes difficultés.
« Les populations étaient assez sceptiques, pas très coopératives parce qu’il y avait même certains qui lâchaient des chiens. Il faut donc que les populations comprennent que cette enquête est importante et n’a rien de politique », a-t-il déclaré, appelant les habitants à considérer l’opération comme un outil susceptible d’aider les pouvoirs publics à mieux répondre à leurs préoccupations sociales.

Les échanges avec les notables ont également fait ressortir plusieurs contraintes susceptibles d’avoir une incidence sur le déroulement de la collecte, notamment les questions de mobilité, l’accès à certaines zones rurales, les moyens logistiques et la disponibilité de supports de communication adaptés. Des préoccupations qui devront être prises en compte afin de garantir une couverture aussi large et représentative que possible au sein la population ciblée.
A cet effet, l’INSTAT a parallèlement élargi son dispositif de communication au grand public avec un Media Tour organisé mardi à Radio Mandji. Cette initiative avait pour objectif de relayer les messages de sensibilisation au-delà des rencontres institutionnelles et communautaires et d’encourager les ménages concernés à participer pleinement à l’opération.
L’Institut invite ainsi les personnes retenues dans l’échantillon à réserver un bon accueil aux enquêteurs, à vérifier leur identité en cas de besoin et à fournir des réponses sincères aux questions posées. La fiabilité des résultats dépend en grande partie de la qualité des informations recueillies sur le terrain.
Elliott Ana Merveille et Jean-Jacques Rovaria Djodji
