Tensions ‘’xénophobes’’ en Afrique du Sud : 28 gabonais rapatriés à Libreville

Ils sont 28 gabonais, dont certains s’y trouvaient en situation irrégulière, à avoir regagné Libreville, mercredi, en provenance d’Afrique du Sud. Arrivés par un vol de Fly Gabon, ces gabonais, ont été accueillis par la Cellule de Veille et d’Assistance d’Urgence (CVAU) du ministère des Affaires étrangères. Une opération de rapatriement volontaire menée dans un contexte de tensions et violentes manifestations autour de la situation des populations étrangères en Afrique du Sud.

Pour le Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, l’Ambassadeur Valentin Loemba Bayonne, ce chiffre de 28 gabonais rapatriés doit toutefois être replacé dans son contexte, la communauté gabonaise en Afrique du Sud est bien plus importante.

« Nous avons une trentaine de personnes qui sont rentrées, mais c’est à peine 1 % de la population gabonaise en Afrique du Sud. Nous avons des milliers de compatriotes qui vivent en situation régulière. Nous avons une forte collaboration avec les autorités sud-africaines et il n’y a pas lieu de s’inquiéter outre mesures », a-t-il précisé.

Parmi les rapatriés, Eliezer Moukouboungou Goma a livré son témoignage sur les conditions de vie de certains gabonais en Afrique du Sud. Il évoque notamment les difficultés rencontrées par les étrangers dans leurs démarches administratives et le sentiment d’insécurité qui aurait poussé certains compatriotes à privilégier un retour au pays.

« Le climat est très instable au moment où on parle, et nous sommes très heureux d’avoir pu bénéficier de l’assistance des autorités gabonaises […] pour ce rapatriement au Gabon, notre terre », a-t-il déclaré, visiblement fier et soulagé

Cette première vague de rapatriement intervient sur instructions du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguéma. Le chef de l’État a en effet demandé au ministère des Affaires étrangères de prendre les dispositions nécessaires pour assurer la sécurité des ressortissants gabonais présents en Afrique du Sud, a-t-on appris.

Sous la coordination de la ministre des Affaires étrangères, Marie-Edith Tassyla-Ye-Doumbénény, le Haut-Commissariat du Gabon en Afrique du Sud a ainsi été mobilisé afin d’identifier les compatriotes souhaitant volontairement rentrer au pays.

« Depuis le 30 juin, nous avons commencé par recenser nos compatriotes en Afrique du Sud. Nous avons travaillé avec les autorités sud-africaines pour les recenser et pouvoir dresser une liste à peu près exhaustive de ceux qui pouvaient rentrer au Gabon », a expliqué Valentin Loemba Bayonne, Ambassadeur et Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères.

Pour les autorités gabonaises, l’objectif reste de suivre au plus près la situation des ressortissants vivant en Afrique du Sud, tout en maintenant la coopération avec les autorités du pays d’accueil.

Cette opération intervient alors que l’Afrique du Sud est régulièrement confrontée à des tensions liées à l’immigration et à des violences visant des ressortissants étrangers. Des populations subsahariennes ont notamment été prises pour cible lors de récents épisodes de violences, parfois mortelles.

Protection des gabonais de l’étranger

Au-delà de l’Afrique du Sud, la Cellule de Veille et d’Assistance d’Urgence (CVAU) du ministère des Affaires étrangères est appelée à intervenir chaque fois que des gabonais se retrouvent confrontés à une situation nécessitant une assistance particulière à l’étranger. Son coordonnateur général, l’Ambassadeur itinérant, Sosthène Ngokila, explique que plusieurs opérations ont déjà été conduites sur différents théâtres.

« Notre Cellule s’occupe donc de faire rentrer les gabonais qui sont en situation d’urgence. En ce moment, nous nous occupons aussi des gabonais qui sont au Moyen-Orient, comme vous savez qu’il y a une guerre là-bas », a-t-il indiqué. Le Mali, la Gambie et d’autres pays ont également fait partie des opérations conduites par cette structure, qui travaille avec plusieurs départements ministériels, notamment la Défense, l’Intérieur et la Santé.

Le dispositif ne s’arrête pas au transport des compatriotes jusqu’au Gabon. La CVAU prévoit également un accompagnement pour ceux qui auraient été exposés à des situations particulièrement difficiles. « Si vous avez besoin de parler, si vous avez besoin d’être consulté par des psys et autres, nous avons avec nous le Docteur Allogho qui est là, qui gère cette partie-là », a fait savoir Sosthène Ngokila aux rapatriés.

M.-O. Mignonne, proposé par Tryphène Lembah et Frida Dodo

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