Le Festival Makébé Vacances ne se limite plus aux seules joutes sportives. Pour sa troisième édition, l’événement initié par Fortuné Membidi Dounga se mue en véritable conservatoire à ciel ouvert. Au programme : transmission des arts culinaires et chorégraphiques ancestraux pour sauver une identité locale menacée d’oubli.
Une nation qui oublie ses racines est une nation qui se perd. C’est fort de ce constat que la 3ème édition du Festival Makébé Vacances, dans la province de l’Ogooué-Ivindo (nord-ouet du Gabon), a opéré un virage culturel majeur. Loin de se contenter de divertir la jeunesse pendant la trêve scolaire, l’événement se positionne désormais comme un pont intergénérationnel indispensable à la survie du patrimoine immatériel de la région.
« Sur le plan culturel, nous allons refaire naître les danses traditionnelles qui ont existé longtemps chez nous et qui tendent à disparaître. Il va falloir les faire renaître pour que les plus jeunes puissent se les approprier », a annoncé durant un point de presse, Fortuné Membidi Dounga, promoteur de l’événement.
La mondialisation des habitudes alimentaires a progressivement éloigné la jeunesse gabonaise des fourneaux traditionnels. Le festival entend inverser cette tendance en transformant ses rencontres en de véritables ateliers culinaires à ciel ouvert.
« Il y a des mets qu’on mangeait par le passé que nous ne mangeons plus aujourd’hui ; les plus jeunes ne savent pas comment les cuisiner. Donc, ceux qui ont encore la science vont essayer d’enseigner cela à la nouvelle génération », a indiqué le promoteur de l’événement.
Mais l’ambition de Makébé-Bakwaka dépasse les frontières du district. En valorisant ce patrimoine, les organisateurs lancent un véritable appel au tourisme intérieur. Alors que de nombreux Gabonais méconnaissent les richesses de l’arrière-pays, le festival se veut une porte d’entrée vers l’Ogooué-Ivindo.
« L’ensemble du Gabon est attendu. Cette partie de notre pays est parfois méconnue. Il y a des Gabonais qui ne savent même pas où se trouve notre localité », déplore Fortuné Membidi Dounga, avant de lancer une invitation directe, notamment à l’attention des médias.
« Nous serons ravis de vous recevoir, de vous faire déguster les mets préparés par nos femmes et de vous faire voir nos danses traditionnelles », a-t-il lancé.
Antoine Relaxe
