Le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a réaffirmé son engagement en faveur de la modernisation du Transgabonais, principale ligne ferroviaire du pays, à l’occasion d’une audience accordée au directeur général de la Société d’exploitation du Transgabonais (Setrag), Christian Magni, selon un communiqué officiel.
Long de près de 669 kilomètres, le Transgabonais relie le port d’Owendo, près de Libreville, à Franceville, dans le sud-est du pays. Mis en service dans les années 1980, il constitue une infrastructure stratégique pour l’économie gabonaise, assurant l’essentiel du transport du manganèse, dont le Gabon est l’un des premiers producteurs mondiaux.

Chaque année, plusieurs millions de tonnes de minerai + entre 9 et 13 millions de tonnes + transitent par cette voie ferrée, notamment en provenance de Moanda, principal bassin manganésifère exploité par le groupe français Eramet. Le Transgabonais joue également un rôle clé dans l’acheminement des produits pétroliers, des marchandises diverses et des passagers. Il contribue ainsi à la continuité territoriale et au désenclavement des provinces de l’intérieur.
Selon les données du tableau de bord de l’économie gabonaise, le chemin de fer transporte en moyenne plus de 9 millions de tonnes de fret par an, dont une large majorité constituée de manganèse. Le trafic voyageurs oscille quant à lui autour de 250 000 à 300 000 passagers annuels. Ce qui confirme son importance sociale en complément de son rôle économique.
Au cours de l’audience, les échanges ont porté sur l’état d’avancement du programme de modernisation et de sécurisation de la voie ferrée, engagé depuis 2021. À ce jour, 424 kilomètres de voie ont été renouvelés avec des traverses en béton, tandis que 180 kilomètres de rails ont été remplacés, a indiqué la Setrag.
Le projet s’appuie également sur la montée en puissance des capacités industrielles locales. L’usine de Booué a ainsi produit près de 700 000 traverses en béton, sur un objectif global de 1,1 million, traduisant une dynamique de renforcement de la chaîne de valeur nationale.
Le directeur général de la Setrag a par ailleurs assuré que les travaux affichaient une avance d’un mois sur le calendrier fixé pour le premier semestre 2026, un élément jugé encourageant par les autorités.
Au-delà des aspects techniques, la modernisation du Transgabonais s’inscrit dans la stratégie globale de transformation économique du Gabon. Cette infrastructure permet de réduire les coûts logistiques, d’améliorer la compétitivité des entreprises et de soutenir les exportations, notamment dans les secteurs minier, forestier et agricole.
Pour les autorités, le Transgabonais demeure ainsi un levier essentiel de diversification économique et de souveraineté, en ligne avec les ambitions du Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026-2030. Le suivi rapproché de ce projet par le chef de l’État illustre la volonté de faire des infrastructures un pilier durable de la croissance et du développement du pays.
Marie Dorothée
