Le 10 juillet 2026, l’association SOS Prisonniers Gabon a officiellement lancé sa campagne de plaidoyer dans le cadre du projet « Dignité en détention », à l’occasion d’un atelier d’échanges organisé à la Commission nationale des droits de l’homme. Une initiative qui ambitionne de faire évoluer durablement les politiques publiques en faveur du respect des droits des personnes privées de liberté.
Cette sixième rencontre de concertation a réuni un large éventail d’acteurs institutionnels et de la société civile. Organisée avec l’accompagnement du ministère de la Justice, Garde des Sceaux, chargé des Droits humains, à travers la Direction générale des droits de l’homme, elle a également enregistré la participation de la Commission nationale des droits de l’homme, de la Délégation de l’Union européenne au Gabon, de la Sécurité pénitentiaire ainsi que de nombreuses organisations engagées dans la défense des droits humains.

Au cœur de cette rencontre figurait la présentation officielle de la Note de Position élaborée à l’issue de plusieurs mois de concertation dans le cadre du projet « Dignité en détention ». Ce document constitue désormais la pierre angulaire d’une campagne de plaidoyer destinée à promouvoir la mise en œuvre de recommandations concrètes pour moderniser le système carcéral gabonais.
Dans son allocution, le président de SOS Prisonniers Gabon, Lionel Ella Engonga, a rappelé que cette démarche se veut avant tout un outil de dialogue avec les pouvoirs publics. Il a souligné que le plaidoyer vise à favoriser des réformes structurelles permettant de garantir la dignité des personnes privées de liberté, d’assurer le respect de leurs droits fondamentaux et de construire un système pénitentiaire plus humain, plus efficace et davantage tourné vers la réinsertion.
L’ambassadrice de l’Union européenne au Gabon a, pour sa part, délivré un message fort en rappelant que « la privation de liberté ne doit jamais signifier la privation de dignité ». Elle a plaidé pour la poursuite des réformes structurelles et appelé l’ensemble des acteurs à renforcer leur mobilisation afin de lutter durablement contre la surpopulation carcérale et d’améliorer les conditions de détention dans les établissements pénitentiaires du pays.

Les recommandations formulées dans la « Note de Position » s’articulent autour de plusieurs priorités majeures. Elles préconisent notamment la réduction du recours abusif à la détention préventive, la mise en place effective du juge chargé de l’application des peines, la digitalisation de la chaîne pénale, le renforcement de la protection des droits fondamentaux des détenus ainsi que le développement de mécanismes favorisant leur réinsertion sociale.
Le document insiste également sur la nécessité de rétablir et d’appliquer effectivement les trois jours de visites hebdomadaires prévus par les textes en vigueur dans les établissements pénitentiaires. Une mesure jugée essentielle pour préserver les liens familiaux, garantir le respect de la dignité des personnes détenues et faciliter leur retour dans la société.
Au cours des échanges, l’équipe de SOS Prisonniers Gabon a détaillé les deux axes stratégiques qui structurent cette Note de Position : la réduction de la surpopulation carcérale et l’amélioration des conditions de détention. Les discussions ont permis de dégager un consensus sur l’urgence d’une mobilisation collective associant les pouvoirs publics, les institutions nationales, les partenaires techniques et financiers ainsi que les organisations de la société civile afin de conduire une réforme durable du système pénitentiaire gabonais.
La journée de travail s’inscrit dans le cadre du projet « Dignité en détention », mis en œuvre par SOS Prisonniers Gabon et AGIR Ensemble pour les Droits Humains, avec le soutien financier de l’Union européenne au Gabon. À travers ce plaidoyer, les porteurs du projet espèrent faire émerger une nouvelle dynamique en faveur d’une justice plus respectueuse des droits humains, où la privation de liberté ne constitue plus une atteinte à la dignité, mais s’inscrit dans une logique de justice, de réinsertion et de respect des valeurs fondamentales.
Source : SOS Prisonniers Gabon
