L’ancien ministre gabonais des mines, Elvis Ossindji à droite © D.R
Présent à Rabat au Maroc où il a participé dans un panel technique le 7 octobre dernier, l’ancien Ministre gabonais des Mines et de la Géologie, Elvis Ossindji, a, plaidé pour un cadre environnemental, social et de gouvernance (ESG) adapté aux réalités africaines, afin de mieux contrôler les ressources minières et d’en maximiser les retombées économiques.
« L’Afrique a besoin d’un cadre ESG qui parle sa propre langue tout en restant lisible par le reste du monde », a déclaré M. Ossindji dans une contribution publiée le 9 octobre 2026.
Aux côtés de Bouchra Mzali, Stéphane Rinimba Moudoute-Bell, Jean-Pierre Kucheida et Pascal Rey, sous la modération d’Abdellatif Kissami, Elvis Ossindji a pris part à une réflexion sur les conditions d’une gouvernance minière plus transparente, plus équitable et davantage tournée vers le développement économique et social.
Pour l’expert gabonais, les États africains doivent concilier souveraineté sur leurs ressources naturelles, transparence et attractivité des investissements. Il cite notamment la décision du président Brice Clotaire Oligui Nguema de mettre fin aux exportations de manganèse brut à partir de 2029, afin de favoriser sa transformation locale au Gabon.
Toutefois, l’adoption de nouvelles lois ne suffit pas. Le renforcement des contrôles, la formation des acteurs et une meilleure connaissance des ressources sont, selon lui, indispensables pour lutter contre les pertes de revenus liées notamment à la sous-facturation des exportations minières, estimées à 40 milliards de dollars par an pour le continent.
Sur le continent, plusieurs pays ont engagé des réformes pour renforcer le contrôle de leurs ressources minières. L’ancien ministre évoque notamment le Congo-Brazzaville, qui a adopté un nouveau code minier en avril 2026, ainsi que les opérations de retrait de plus de 200 permis miniers dans plusieurs pays africains. Ces initiatives témoignent d’une volonté de mieux encadrer le secteur.
L’exemple de la République démocratique du Congo illustre cette difficulté. Selon les données qu’il met en avant, seules deux entreprises sur les 47 évaluées déclaraient avoir respecté, en 2020-2021, leur obligation de consacrer 0,3 % de leur chiffre d’affaires aux communautés locales. Après une meilleure organisation du dispositif, les versements auraient dépassé les 100 millions de dollars en 2023.
Dans cette perspective, Elvis Ossindji défend l’élaboration de règles ESG communes, compatibles avec les normes internationales, mais adaptées aux réalités des pays africains. Cette ambition rejoint notamment les objectifs du référentiel MAYA, développé par NL Consulting et ses partenaires avec l’appui du ministère gabonais chargé des Mines.
Antoine Relaxe
