Octobre Rose 2026 : « donnez l’exemple », exhorte Michel Régis Onanga Ndiaye aux femmes députées

Le Réseau national des femmes députées (RENAFED) a organisé, lundi 12 octobre 2026, à l’Assemblée nationale à Libreville, la troisième édition de ses activités d’Octobre Rose. Cette rencontre, consacrée à la sensibilisation et au dépistage des cancers, notamment ceux du sein et du col de l’utérus, a réuni des parlementaires, des professionnels de santé et des représentants d’associations.

Le Président de l’Assemblée nationale et président d’honneur du RENAFED, Michel Régis Onanga Ndiaye a invité les femmes députées à donner l’exemple en se soumettant elles-mêmes au dépistage.

« Le meilleur exemple de sensibilisation que vous pouvez donner à nos sœurs, c’est que vous commenciez par vous regrouper et que vous nous fassiez une démonstration dans les centres hospitaliers les plus appropriés », a-t-il lancé, appelant à dépasser les discours pour privilégier des actions concrètes.

L’honorable Onanga Ndiaye, a notamment pointé la peur du diagnostic, le manque d’information et les difficultés d’accès aux structures sanitaires comme autant de freins au dépistage. Il a également assuré le RENAFED du soutien de l’Assemblée nationale, s’engageant à mettre à disposition ses moyens de communication et à accompagner les parlementaires dans cette démarche.

Quant à la Présidente du RENAFED et troisième vice-présidente de l’Assemblée nationale, Paulette Parfaite Amouyeme Ollame Divassa a, pour sa part, plaidé pour une mobilisation durable. Rappelant les initiatives menées en 2024 et 2025, elle a proposé l’élaboration d’une feuille de route associant les professionnels de santé, l’administration parlementaire et les associations, avec des actions de proximité dans les neuf provinces.

Pour elle,  « la lutte contre le cancer ne s’arrête pas qu’en octobre » avant d’ appeler à poursuivre la sensibilisation tout au long de l’année. L’objectif est notamment de faciliter l’accès à l’information, à la prévention et aux services de santé, tout en tenant compte des difficultés rencontrées par les femmes : éloignement des structures sanitaires, contraintes de transport, appréhension des examens et manque d’information.

La responsable du réseau souhaite également un premier point de suivi dans les trois prochains mois afin de préciser les priorités et d’évaluer les suites données aux recommandations. Sur le plan médical, le gynécologue Pr Pamphile Assoumou a insisté et expliqué l’importance du dépistage précoce des cancers du sein et du col de l’utérus. Selon les estimations qu’il a présentées, le Gabon enregistrerait chaque année environ 300 nouveaux cas de cancer du sein et 150 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus.

« Il ne faut pas attendre ces signes, il faut venir avant pour pouvoir détecter la maladie », a-t-il insisté, soulignant l’importance d’une prise en charge précoce.

De son côté, le professeur Itoundi Bignoumba, gastro-entérologue, a élargi les échanges aux cancers digestifs, notamment ceux du foie, du côlon et de l’estomac. Évoquant les données de 2022 qu’il a présentées, il a fait état d’environ 1 571 nouveaux cas de cancers digestifs et de près de 1 000 décès.

« La sensibilisation et le dépistage précoces, c’est fondamental », a-t-il souligné, alertant sur les diagnostics tardifs, les difficultés d’accès aux spécialistes et le coût des traitements.

 Le spécialiste  a également plaidé pour une meilleure information sur les facteurs de risque et les comportements préventifs. Plusieurs femmes parlementaires ont également présenté les difficultés rencontrées dans le processus médical et le coût du traitement. À l’issue des communications, l’honorable Daisy Léance Alexis Brandy Akinissou, secrétaire générale du RENAFED, a donné lecture des recommandations formulées par les participants.

Celles-ci appellent notamment à renforcer les moyens consacrés à la lutte contre les cancers, à plaider pour la gratuité ou la subvention des dépistages et à soutenir la proposition de loi relative à la prise en charge intégrale des cancers par la CNAMGS. Les participants recommandent également le renforcement des capacités de l’Institut de cancérologie d’Akanda et des structures régionales, l’intégration de la vaccination contre le papillomavirus humain (HPV) dans les stratégies de prévention, ainsi que la poursuite des campagnes de proximité.

Le RENAFED est par ailleurs appelé à favoriser le soutien psychologique des femmes touchées par la maladie et à sensibiliser davantage les populations aux comportements préventifs. Au terme de cette mobilisation, le message porté par les parlementaires et les spécialistes reste le même, celui de la lutte contre les cancers ne peut se limiter au mois d’octobre qui  exige une sensibilisation continue, un dépistage accessible et des moyens adaptés pour améliorer la prise en charge.

Antoine  Relaxe et Tryphene Lembah

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