Dans une correspondance officielle, abondamment partagée sur la toile, datant de novembre 2021, Gabon Special Economique Zone (GSEZ), appelait alors l’attention du ministre du Pétrole, du gaz et des mines sur la situation des installations du nouveau dépôt de stockage d’hydrocarbures de Gabon Liquid Stockage (GLSY), désespérément privé de produits pétroliers, à l’exception du méthanol. Face à cette situation, qui demeure vraisemblablement inchangée et dans le contexte des récurrentes de pénuries de carburant vécues, les installations de GSLY, rétrocédées à l’Etat par GSEZ, qui les a construites, pourraient porter les réserves stratégiques d’hydrocarbures de 7 à 28 jours, a-t-on appris.
Le passage à l’exploitation complète de ce dépôt reste néanmoins conditionné par l’approvisionnement des cuves. Dans cette perspective, GSEZ aurait sollicité la Gabon Oil Company (GOC) et la Société gabonaise d’entreposage des produits pétroliers (SGEPP) afin d’obtenir les volumes d’hydrocarbures nécessaires à la mise en service des différents réservoirs. Selon l’opérateur, aucune indication précise ne lui a été communiquée sur la date de livraison des produits attendus.
À ce jour, seul le méthanol aurait été réceptionné et stocké sur le site. Avec l’autorisation de l’ancienne Direction générale des hydrocarbures (DGH), GSEZ a importé 2 000 tonnes de ce produit à bord du navire Jipro Isis. Cette livraison a permis la mise en service des cuves dédiées au méthanol, du pipeline et des équipements associés.
Pour les autres réservoirs, l’attente se poursuit malgré les essais techniques déjà réalisés. Le système a été testé à deux reprises avec de l’eau, mais les hydrocarbures attendus depuis mars 2021 ne sont toujours pas disponibles. En conséquence, GSEZ continue de supporter les dépenses liées au personnel mobilisé, aux consultants et aux entreprises intervenant sur le projet, sans pouvoir exploiter pleinement les capacités du dépôt.
Face à cette situation, l’opérateur estime avoir atteint le terme de ses engagements et a engagé le transfert de propriété de l’installation, ou « handover », au département ministériel concerné. Il affirme néanmoins rester disponible pour accompagner la mise en exploitation du site et propose de prendre provisoirement en charge son fonctionnement jusqu’à l’arrivée d’un nouvel opérateur.
Cette disposition ne signifie toutefois pas que GSEZ entend assumer définitivement les coûts générés par cette période d’attente. L’entreprise indique qu’un mécanisme de compensation sera proposé, le moment venu, afin d’obtenir le remboursement des dépenses engagées. Les modalités de cette compensation restent donc à préciser.
Désormais, la suite du dossier dépend des décisions du ministère de tutelle, notamment sur l’approvisionnement en hydrocarbures, les conditions de reprise de l’installation et le choix du futur exploitant.
Alph ’-Whilem Eslie et Darène Mabelle Ayingone
