Architecture : le Gabonais Jean Pierre Maissa présente sa vision de la « Ville-Forêt » à la première Biennale panafricaine d’architecture

L’architecte et urbaniste gabonais Jean Pierre Maissa a représenté le Gabon à la première Biennale panafricaine d’architecture (PAB), qui s’est tenue à Nairobi du 7 au 11 septembre, où il a présenté son manifeste « La Ville-Forêt, un futur pour Libreville ».

Placée sous le thème « Déplacer le centre : de la fragilité à la résilience », cette première édition a réuni architectes, artistes, designers, chercheurs et institutions issus des 54 pays du continent et de ses diasporas. L’événement ambitionnait de replacer l’Afrique au cœur du débat mondial sur l’avenir des villes, en valorisant des solutions urbaines pensées depuis le continent lui-même, à partir des savoirs locaux et des pratiques communautaires.

Une réflexion sur les liens entre forêt et urbanisation

C’est dans ce cadre que la contribution gabonaise a retenu l’attention. Invité à présenter son manifeste, Jean Pierre Maissa a défendu l’idée que la forêt structure depuis longtemps les façons d’habiter à Libreville, particulièrement dans les quartiers populaires, où bâti et végétal forment selon lui un système interdépendant.

Jean Pierre Maissa interviewé par la chaîne française France 24 ©

L’architecte propose de prolonger la politique environnementale du pays, souvent citée comme un modèle sur le continent, par une nouvelle approche de l’aménagement urbain. Il oppose cette démarche à celle des pays du Nord, où le végétal est réintroduit en ville de façon largement décorative, alors qu’à Libreville le lien à la nature relèverait d’un rapport culturel plus ancien.

Selon lui, les quartiers précaires de la capitale, malgré leurs manques en infrastructures, portent des savoir-faire artisanaux liés à la forêt et des solidarités qu’il juge essentiel d’intégrer à la ville de demain plutôt que d’effacer.

Un architecte à l’expérience internationale

Jean Pierre Maissa est titulaire d’un master en architecture obtenu à l’Université de Gênes en Italie en 1992 et d’un doctorat en urbanisme du Politecnico di Milano en 1999. Il a notamment conçu l’École des mines et de la métallurgie de Moanda, au Gabon, et dirigé une équipe internationale de 25 experts chargée du réaménagement de la place Ramsès et du centre-ville du Caire, en Égypte. Il est par ailleurs membre de l’American Institute of Architects.

Au Kenya, la présentation de son projet a suscité, selon les organisateurs de la Biennale, un accueil favorable auprès du public.

Carl Nsitou

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