Eric Joël Békalé et la couverture de son dernier roman (Une vie de ministre) dont la dédicace a lieu du 18 au 20 septembre à Paris @ DR
L’écrivain prolifique, Éric Joël Békalé, présente tout ce week-end, à partir de ce vendredi, à la Halle des Blancs-Manteaux, dans le 4ᵉ arrondissement de Paris, son dernier ouvrage intitulé « Une vie de ministre », publié aux éditions Acoria. Ce roman de 326 pages, inspiré de faits réels plonge le lecteur dans les coulisses de l’exercice du pouvoir, entre responsabilités ministérielles, rapports humains, pression sociale et réalités de la vie politique. Aussi vraisemblable que cela puisse paraître, l’ouvrage « n’est pas une autobiographie », se défend l’ancien ministre gabonais.
Le sommaire donne déjà le ton d’un récit qui entend interroger les ressorts de l’exercice du pouvoir : ‘’Au commencement était WhatsApp’’, ‘’Les bonnes nouvelles se célèbrent’’, ‘’Être ou ne pas être ? Telle est la question’’, ‘’Pour l’honneur de ma famille, je resterai toujours digne’’, ‘’La politique peut être cruelle’’ ou encore ‘’En politique tous les coups-bas sont permis ‘’circonscrivent, entre autres chapitres, le dérouler d’une saisissante intrigue où se croisent pouvoir, ambition, loyauté, famille et désillusions.
Entre pouvoir, responsabilité et réalités politiques
Dans le chapitre intitulé ‘’Si on veut construire des ponts, on fait appel à des ingénieurs en BTP, pas à des boulangers’’, il revient sur la nécessité, pour un ministre, de s’entourer de collaborateurs compétents. « Avoir un minimum de connaissances avant d’être effectif dans ma nouvelle fonction. Il était un drame, pour un ministre qui ne connaissait pas ses dossiers, de se faire larguer par ses collaborateurs. Ces derniers étaient plus au fait et mieux outillés que lui », écrit Éric Joël Békalé.

Selon lui, certains responsables, conscients de leurs propres lacunes, peuvent être tentés de s’entourer de collaborateurs moins compétents afin de conserver une forme d’ascendance.
« La composition d’un cabinet est le reflet de l’ambition du ministre lui-même », fait-il observer, avant de distinguer les cabinets ministériels constitués d’experts, de technocrates et de fonctionnaires aguerris de ceux composés « d’amis et de parents, de personnes sans profil et sans parcours probant ».
La politique au contact du quotidien
Dans un autre chapitre ‘’Faire de la politique, c’est aussi marcher dans la boue’’, l’ancien ministre y revient notamment sur les sollicitations dont il a fait l’objet après sa nomination au gouvernement. « Devenu ministre, j’étais du coup celui qui devait résoudre leurs problèmes », raconte-t-il. « Puisque la gouvernance politique avait été organisée de telle manière que lorsqu’on accède à une haute fonction, on devient du coup celui qui règle tous les problèmes du village ou du quartier », ajoute-t-il.
Sur ce dernier point, l’auteur livre une réflexion personnelle sur le piston et les attentes de son entourage. « Je ne connaissais pas le pistonnage. Je n’y avais jamais fait recours moi-même. Je ne pensais pas le faire. Mais ceux qui me sollicitaient étaient dans la détresse. Ils n’avaient pas d’autres solutions », confie-t-il.
Pour autant, l’auteur précise qu’il ne s’agit pas d’une autobiographie. « Une vie de ministre » est une œuvre de fiction largement inspirée de faits réels vécus. Des événements et des personnages authentiques y sont mêlés à des situations et des rôles parfois empruntés, parfois transformés ou inventés.
L’auteur
Ancien ministre des Transports en 2023, sous la présidence d’Ali Bongo Ondimba, Éric Joël Békalé, est un diplomate de carrière, actuellement Ambassadeur itinérant, chargé de la diplomatie culturelle. Il a notamment exercé au sein de la Mission permanente du Gabon auprès des Nations unies à Genève et occupé des fonctions de conseiller diplomatique dans des cabinets ministériels.
Il est également président de l’Union des écrivains gabonais (UDEG) et Vice-président de l’Association panafricaine des écrivains (PAWA).
Désormais engagé dans l’opposition, Éric Joël Békalé est Secrétaire général d’Ensemble Pour le Gabon (EPG), formation politique dirigée par l’ancien Premier ministre, Alain-Claude Bilie-By-Nzé, dont il est très proche.
Alph ’-Whilem Eslie et Nkili Akieme
