AGROPAG : Mort-née ? Ndong Sima dégoûté !

Créée seulement en février 2026, en remplacement de la Société d’agriculture et d’élevage du Gabon (Saeg), par une ordonnance et deux décrets pris à l’issue du Conseil des ministres, la Société agropastorale du Gabon (Agropag) se trouve actuellement dans une zone de fortes turbulences. Elle est à l’agonie et c’est peu dire. Sa création, suivie d’une dotation budgétaire de deux (2) milliards de Francs CFA, avait été présentée par l’exécutif comme « une refonte complète de l’outil public chargé de porter la diversification agricole et la souveraineté alimentaire du pays ». Mais les déchirements entre le Conseil d’administration et la Direction générale risquent d’enterrer prématurément ces bonnes intentions.

Dans une vidéo abondamment partagée sur les médias sociaux, le président du Conseil d’administration d’Agropag, l’ancien Premier ministre, Raymond Ndong Sima, cite clairement le Directeur général, Aubert Aimé Ndjila, comme le principal responsable des dysfonctionnements qui risquent d’enterrer prématurément les ambitions d’Agropag et des plus hautes autorités du pays.

« J’ai participé à la création d’Agropag. Mais la vérité est que Agropag est entrain de mourir. Agropag ce n’est pas tout le discours qu’on entend, la vérité, c’est que Agropag est entrain de mourir, vous pouvez aller vérifier sur tous les sites et auprès des différents dirigeants. Pourquoi, parce que nous n’arrivons pas à avancer sur des questions élémentaires touchant au fonctionnement de l’entreprise. En trois mois, nous avons organisé 5 conseils d’administration. Sur les 5 conseils d’administration, la totalité des points que le Conseil d’administration a retenus, vous pouvez le vérifier sur les procès-verbaux, le Directeur général a tout rejeté. Il fait exactement ce que bon lui semble », s’offusque Raymond Ndong Sima.

Dans les propos du président du Conseil d’administration, transparaissent en sibylline, des rapports difficiles avec le Directeur général qui semble vraisemblablement écarter du ‘’jeu’’ l’ancien Premier ministre sur fond de conflit intergénérationnel.

« Les vieux sont-ils inutiles à la société ? », a-t-il lancé en substance. « Que voulez-vous que je fasse ? Dans ces conditions, j’ai décidé, pour ne pas être le problème, de me retirer et de laisser les choses en l’état », a prévenu Raymond Ndong Sima, visiblement dépité.

Société à participation publique majoritaire, dotée de la personnalité morale et de l’autonomie financière, Agropag s’est vue confier une mission large : mise en valeur des terres, développement de pôles de production intégrés, appui technique et financier aux producteurs, transformation et commercialisation des produits agricoles et pastoraux, contribution à la sécurité alimentaire nationale et réduction des importations alimentaires.

Cette ‘’guéguerre’’ au sommet, entre les principaux dirigeants, installés en mars 2026 par le ministre de tutelle, risque d’entamer prématurément les nobles ambitions d’une entreprise pourtant appelée à devenir le bras armé de la politique de relance des filières et de réduction de la dépendance aux importations alimentaires. 

La mise en place effective d’Agropag qui compte dans son patrimoine la Ferme de la Lékabi (sud est), le Pôle agro-industriel de Ndéndé (sud), ainsi que les Ceintures agricoles d’Oyem (nord) et de Lébamba (sud), constituait un test majeur pour la capacité du pays à traduire ses ambitions de souveraineté alimentaire en résultats concrets sur le terrain.

Elliott Ana Merveille

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