La ministre de la santé au cœur des difficultés des centres de santé d l’Estuaire et du Moyen Ogooué

La ministre gabonaise de la Santé, Elsa Nkana Joséphine Ayo épouse Bivigou, a entamé vendredi une tournée d’évaluation des structures sanitaires dans la province du Moyen-Ogooué, dans le cadre d’une campagne nationale visant à dresser un état des lieux du système de santé, a-t-on appris de source officielle.

Cette mission s’inscrit dans la politique du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui fait de l’équité territoriale un principe de l’action publique, l’objectif affiché étant de garantir à chaque Gabonais un accès équitable aux soins, quel que soit son lieu de résidence.

Selon le compte rendu de cette première journée, la ministre s’est notamment enquise des difficultés rencontrées par les structures sanitaires, a évalué leur capacité de prise en charge des urgences et vérifié leur conformité aux normes, en particulier s’agissant des plateaux techniques, des laboratoires et des équipements comme les scanners.

La tournée a débuté par le centre de santé Edith Lucie Bongo d’Ekouk, créé en 1990, où plusieurs insuffisances ont été constatées : dégradation du plafond, dotation insuffisante en médicaments, absence de salle d’accouchement fonctionnelle, manque de personnel soignant et absence d’électricité.

La délégation ministérielle s’est ensuite rendue au dispensaire de Darlot, avant de rejoindre le centre de santé de Bifoun, présenté comme une structure conforme aux normes requises, dotée d’une pharmacie opérationnelle, d’un laboratoire et d’un service du Programme élargi de vaccination (PEV).

Au Centre hospitalier régional, la ministre a évalué la disponibilité des médecins spécialistes, avec une attention particulière portée à la gynécologie-obstétrique et à l’ophtalmologie, ainsi que le fonctionnement du scanner, de la radiologie de base et des services d’urgence.

Elle a par ailleurs insisté sur la nécessité d’une meilleure collaboration entre les pharmacies hospitalières et l’Office pharmaceutique national (OPN), appelé selon elle à devenir la centrale d’achat publique de référence pour l’approvisionnement des établissements de santé de l’ensemble des provinces.

Parmi les autres priorités évoquées figurent la disponibilité du sérum antivenimeux, la réduction de la mortalité maternelle, le renforcement des plateaux techniques et la présence de médecins spécialistes en nombre suffisant. La ministre s’est également penchée sur les conditions d’hospitalisation des patients, plaidant pour la réhabilitation des cuisines hospitalières afin d’améliorer la qualité de la restauration proposée aux malades.

Sur le volet de la gouvernance, plusieurs sujets ont été abordés, dont le fonctionnement des conseils de discipline et la lutte contre les pratiques frauduleuses, notamment le trafic de faux résultats d’examens, jugé préjudiciable à la crédibilité du système de santé.

À l’issue de cette première journée, certaines difficultés signalées par les responsables locaux ont été confirmées sur le terrain, tandis que d’autres se sont révélées infondées, selon le compte rendu de la tournée.

La mission ministérielle se poursuit samedi dans le Moyen-Ogooué, avec notamment une visite de contrôle à l’hôpital Albert Schweitzer de Lambaréné et dans d’autres structures sanitaires de la province.

Marie Dorothée

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