Affaire des Biens mal acquis : Qu’en sait Minlama Mintogo ?

Dieudonné Minlama Mintogo, Président d’Ensemble Pour la République (EPR) @ DR

Dans une communication transmise à Gabonactu.com, Dieudonné Minlama Mintogo, Président du parti Ensemble Pour la République (EPR – proche du pouvoir) et ancien candidat à la présidentielle de 2016, apporte, à son tour, après les sorties successives des tenants des deux factions de l’ancien parti au pouvoir, le Parti démocratique gabonais (PDG), son témoignage sur les premiers épisodes du dossier et les échanges qu’il dit avoir eus avec feu le président Omar Bongo Ondimba et un de ses anciens  »sécurocrates », le Général Samuel Mbaye.

L’ancien candidat à l’élection présidentielle de 2016 revient notamment sur les menaces qui pesaient, selon lui, sur Marc Ona Essangui, aujourd’hui 5ème Vice-président du Sénat, après le déclenchement de cette affaire. Il affirme s’être rapproché à cette époque du Général Samuel Mbaye, alors président du Conseil national de sécurité, afin de solliciter sa protection pour son ‘’frère’’ et figure connue de la société civile gabonaise.

À cette période, Marc Ona était Secrétaire exécutif de l’ONG Brainforest, engagée sur les questions de gouvernance des ressources naturelles, d’environnement et de transparence.

Selon Dieudonné Minlama, les premiers échanges avec le Général Samuel Mbaye avaient été tendus, avant que celui-ci ne décide de suspendre les menaces et accepte une rencontre avec l’activiste. Au cours de cet entretien, Dieudonné Minlama Mintogo aurait remis à son interlocuteur un rapport issu des enquêtes de la Préfecture de police de Paris. « Muni du rapport et des éclairages supplémentaires, le Général m’amena rencontrer le Président pour mieux lui présenter les enjeux du dossier », raconte-t-il.

Présenté à Omar Bongo Ondimba, le document aurait permis au défunt président d’obtenir davantage d’informations sur les biens concernés. D’après le témoignage de Minlama, le chef de l’État aurait alors déclaré ne pas connaître l’existence de plusieurs propriétés qui lui étaient attribuées. « Après examen du rapport, le Président Bongo déclara ne pas être au courant de l’existence de plusieurs biens qui lui ont été attribués », a-t-il renseigné.

À l’issue de cette audience, trois décisions auraient été retenues selon Dieudonné Minlama. Il cite la protection de l’activiste, la poursuite de la procédure judiciaire et la création d’une commission indépendante chargée d’identifier les biens attribués à Omar Bongo, en Europe et sur les autres continents. Cette mission devait permettre d’établir un inventaire plus large du patrimoine concerné.

Pour Dieudonné Minlama, cette démarche devait surtout déboucher sur une restitution d’une partie des biens à l’État gabonais. « La volonté du Président Omar Bongo Ondimba était claire : restituer une bonne partie de ces biens à l’État Gabonais », affirme-t-il.

Il estime toutefois que la maladie puis le décès du président, le 8 juin 2009, n’ont pas permis de finaliser ce projet. Une version que l’ancien candidat à la présidentielle de 2016, présente aujourd’hui comme « sa part de vérité » sur les coulisses de cette affaire qui refait les choux gras de la presse hexagonale et gabonaise notamment.

Alph ’-Whilem Eslie et Christina Thélin Ondo

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