Les responsables de l’USTM dans l’un des compartiments du nouveau Laboratoire de radioanalyse @ DR
L’Université des sciences et techniques de Masuku (USTM), sise à Franceville, province du Haut-Ogooué (sud-est), a officiellement mis en service son nouveau Laboratoire de radioanalyse. Une structure appelée à jouer un rôle important dans la surveillance de l’environnement, la gestion des déchets radioactifs et la protection des populations.

L’une des principales missions de la structure sera justement de permettre la prise en charge locale des échantillons et des déchets radioactifs. Les analyses réalisées pourront contribuer à mieux connaître les niveaux de radioactivité et à détecter d’éventuelles contaminations. Une capacité qui doit également permettre de disposer de données scientifiques utiles pour prévenir les risques et améliorer la surveillance des différents milieux.
Invisible et souvent difficile à détecter sans équipements adaptés, la radioactivité nécessite pourtant une surveillance régulière, notamment dans les secteurs où des matières radioactives peuvent être utilisées ou produites : mines, hydrocarbures, médecine ou encore BTP sont concernés par cette problématique. Avec ce nouveau laboratoire, l’objectif est de renforcer la capacité du pays à analyser les matières et les échantillons concernés directement sur son territoire.
Mais le laboratoire ne sera pas uniquement un espace d’analyse. Il aura également une importante mission de formation. Des techniciens pourront y être formés aux méthodes de détection, de mesure et d’analyse des matières radioactives. Le pays pourra ainsi développer davantage de compétences nationales dans un domaine très spécialisé et répondre plus efficacement aux besoins des secteurs concernés.
Enjeu environnement et humain
Une mauvaise gestion des matières ou des déchets radioactifs peut présenter des risques pour les sols, les eaux et, par conséquent, pour les populations. En permettant de réaliser des contrôles et des analyses localement, le laboratoire doit contribuer à mieux prévenir ces risques et à renforcer la surveillance de la qualité de l’environnement.

Pour l’USTM, cette ouverture traduit aussi la volonté de mettre la recherche et l’expertise scientifiques au service des besoins concrets du pays. Le laboratoire pourra ainsi servir à la fois aux étudiants, aux chercheurs, aux techniciens et aux différents secteurs professionnels confrontés aux questions de radioactivité.
À Franceville, cette nouvelle infrastructure marque donc une avancée dans le développement des capacités nationales de contrôle et de surveillance radiologique. Elle offre au Gabon un nouvel outil pour mieux comprendre les risques liés aux matières radioactives, mieux accompagner les acteurs concernés et surtout renforcer la protection des populations et de l’environnement.
Car derrière les analyses, les équipements et les compétences techniques, l’enjeu est avant tout humain : disposer des moyens nécessaires pour détecter les risques à temps, agir avec davantage de précision et préserver durablement les espaces dans lesquels vivent les populations.
M.-O. Mignonne et Darène Mabelle Ayingone
