BENDJE : La panne du réseau Airtel accentue l’isolement de la contrée

Depuis le 10 mai dernier, le département de Bendjè, province de l’Ogooué-Maritime (littoral sud) est totalement privé du signal de l’opérateur de téléphonie mobile Airtel, le seul qui arrose la contrée. Une interruption qui, au fil des jours, renforce le sentiment d’abandon des populations de ce territoire lagunaire et met en lumière la fragilité des infrastructures de communication dans les zones rurales.

A Bendjè, où l’essentiel des déplacements s’effectue par pirogue, l’absence de réseau téléphonique dépasse le simple désagrément. Elle expose directement les habitants à des situations à haut risque. Impossible, en cas d’accident, d’alerter les secours ou de prévenir les autorités. Les urgences sanitaires, les incidents liés à la faune ou encore les accidents de navigation deviennent ainsi des situations potentiellement dramatiques, faute de moyens de communication.

Cette panne prolongée perturbe également les services essentiels. Les équipes pédagogiques et les examinateurs mobilisés pour le Certificat d’études primaires (CEP), session 2026, doivent composer avec un isolement total, compliquant la coordination et le suivi des épreuves dans plusieurs localités du département.

Au-delà de l’aspect conjoncturel, cette coupure pose la question du respect des obligations légales en matière de télécommunications. La législation gabonaise impose aux opérateurs d’assurer la continuité et l’égalité d’accès au service, notamment dans le cadre du service universel.

Alerté, le Préfet de Bendjé entend réagir dans l’optique de saisir les responsables d’Airtel Gabon et exiger des explications, ainsi qu’un rétablissement rapide du service. Une démarche qui traduit l’inquiétude croissante des autorités locales face à une situation qui perdure.

Pour Nicaise Massamba Magaya, 2e vice-président du Conseil départemental de Bendjé, l’heure est à l’action. Il envisage de saisir l’ARCEP Gabon (l’Agence de régulation des communications électroniques et des postes) pour dénoncer une situation qu’il qualifie de critique, estimant qu’elle met en danger les populations et contrevient aux missions de service public.

Féeodora Madiba et Jean-Jacques Rovaria Djodji

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