L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a dépêché plusieurs experts au Gabon afin de renforcer les capacités des agents de la Commission nationale de lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite (CNLCEI) en matière de bonne gouvernance.
À travers un atelier ouvert ce mardi 12 mai 2026 par François Ndong Obiang, Ministre chargé des Relations avec les institutions constitutionnelles, plus de 60 agents prennent part à un séminaire placé sous le thème : « Bonne gouvernance, partage de bonnes pratiques et renforcement institutionnel au service de l’intégrité publique ».
Pendant quatre jours, les agents de la CNLCEI sont appelés à s’approprier les outils nécessaires à la consolidation des fondements de la transparence et de l’intégrité dans la gestion des affaires publiques, en renforçant les capacités techniques, organisationnelles et opérationnelles de l’institution en charge de la lutte contre la corruption dans le pays.

« Je veux croire, en toute objectivité, que les participants trouveront dans cet espace les moyens de renforcer leurs capacités et de se mettre pleinement en conformité avec les objectifs de l’État. Nous ne voulons plus que la bonne gouvernance soit un simple slogan », a déclaré M. Ndong Obiang à l’ouverture des travaux.
L’OIF estime que la corruption entraîne chaque année une perte de 1 500 milliards de dollars à l’échelle mondiale. Selon le Fonds monétaire international (FMI), ce montant représente environ 2 % du produit intérieur brut (PIB) mondial. Ces ressources détournées auraient pu permettre aux États de financer les services publics essentiels, de renforcer leurs économies nationales et d’investir dans l’innovation et le développement.
« La corruption fragilise les institutions, accentue les inégalités d’accès aux droits fondamentaux, aux services publics essentiels, santé, éducation, électricité, ainsi qu’à la justice. Ces effets conduisent, à terme, à une véritable défiance des citoyens envers leurs institutions et leurs gouvernants, pouvant déboucher sur des soulèvements populaires, comme cela a été observé dans plusieurs pays en 2025 », a déclaré Marcel Klassou, représentant de l’OIF pour l’Afrique centrale.
Parmi les objectifs de ce séminaire figurent le renforcement des compétences du personnel de la CNLCEI afin qu’il soit mieux outillé pour prévenir, détecter et sanctionner les pratiques de corruption, ainsi que la promotion d’une culture d’éthique et de responsabilité au sein de la Commission.
« Cette formation doit être perçue comme une opportunité de renforcement collectif de notre savoir-faire au service d’une administration plus intègre, plus efficace et plus proche des citoyens », a souligné Nestor Mbou, président de la CNLCEI.
Camille Boussoughou
