Affaire Bilie-By-Nzé : le LRA appelle à la responsabilité et met en garde contre les dérives politiques

Dans un contexte politique déjà sensible, l’actualité nationale est aujourd’hui dominée par une affaire judiciaire impliquant plusieurs figures majeures de la vie publique. Face à l’ampleur des réactions et aux risques de récupération, le Président du Large Rassemblement Arc-en-Ciel (LRA), Dr Germain Stéphane Iloko Boussengui, est sorti de sa réserve, samedi 2 mai 2026 à Libreville pour livrer une lecture lucide et sans complaisance de la situation.

Au cœur de cette affaire, six acteurs occupent le devant de la scène : l’ancien Premier ministre Alain Claude Bilie-By-Nzé, directement concerné par la procédure, la plaignante à l’origine de l’action en justice, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguéma, le Président Guy Nzouba Ndama, le Père Paul Mba Abessole; ainsi que les institutions judiciaires et financières chargées de faire toute la lumière sur les faits.

Pour le LRA, cette affaire dépasse les individus et interpelle la responsabilité collective. Dr Iloko Boussengui insiste sur la nécessité de préserver l’intégrité des institutions et de garantir le respect strict de l’État de droit. Dans son analyse, il met en garde contre les lectures hâtives et les amalgames dangereux qui pourraient fragiliser la confiance des citoyens envers la justice.

« Il est essentiel que chacun fasse preuve de retenue et de responsabilité », a martelé le leader politique, préoccupé par la montée de discours tendant à politiser une procédure qui relève avant tout du domaine judiciaire.

L’ancien Premier ministre Alain Claude Bilie-By-Nzé, opposant à l’actuel régime est en détention préventive à la prison centrale de Libreville suite à une plainte de dame Baba Ramatou, pour escroquerie et abus de confiance.

La plaignante dit avoir fait un prêt de 5 millions de FCFA à monsieur Bilie-By-Nzé pour aider à préfinancer la Fête de la culture organisée par la Mairie de Libreville. Le prévenu qui ne se reconnait pas dans cette affaire était président du Comité d’organisation de ladite fête.   

Dr Iloko Boussengui estime qu’associer sans preuve l’appareil judiciaire à une quelconque influence politique constitue une dérive grave, susceptible de porter atteinte à la crédibilité des institutions.

Dans le même esprit, le LRA dénonce toute tentative d’instrumentalisation politique ou de manipulation de l’opinion publique. À l’heure où les réseaux sociaux amplifient les rumeurs et les interprétations partisanes, l’appel à la prudence résonne comme une nécessité impérieuse pour éviter une escalade des tensions.

Par ailleurs, Dr Iloko Boussengui n’élude pas le contexte plus large dans lequel s’inscrit cette affaire. Il évoque un moment charnière pour le pays, marqué par les attentes fortes des populations en matière de gouvernance, de transparence et de justice équitable. Dans ce cadre, il appelle les autorités, à commencer par le Président de la République, à poursuivre leurs efforts pour garantir un fonctionnement irréprochable des institutions.

En filigrane, c’est bien la consolidation de l’État de droit qui est en jeu. Pour le LRA, seule une justice indépendante, sereine et affranchie de toute pression permettra d’établir les responsabilités et de préserver la stabilité nationale.

Au-delà des protagonistes, cette affaire constitue ainsi un test grandeur nature pour la maturité démocratique du pays. Entre exigence de vérité, respect des procédures et refus des manipulations, l’équilibre reste fragile. Mais pour le LRA, une chose est certaine : la responsabilité collective demeure la clé pour traverser cette séquence sans compromettre l’essentiel.

Camille Boussoughou

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