Le gouvernement gabonais a inauguré, le 30 avril 2026 à Minvoul, le deuxième magasin agréé de la Centrale d’achat. Portée par le Vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, cette initiative vise à rapprocher les produits de première nécessité des populations et à freiner la flambée des prix dans cette localité enclavée du Woleu-Ntem. Une avancée saluée par les habitants, même si une interrogation demeure : qu’en est-il des 250 km de routes annoncés en octobre 2025 pour désenclaver durablement cette partie du nord du Gabon ?
Après Libreville, la commune de Minvoul devient la deuxième étape du déploiement national de la Centrale d’achat, outil présenté par les autorités comme une réponse concrète à la vie chère. La cérémonie d’inauguration s’est déroulée en présence du ministre de l’Économie et de la lutte contre la vie chère, Thierry Minko, ainsi que des autorités administratives et locales.
À travers cette structure, l’État entend sécuriser l’approvisionnement des populations en produits essentiels à des coûts encadrés, dans une zone où les difficultés de transport influencent fortement les prix des marchandises. Pour le gouvernement, cette implantation traduit la volonté du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, de faire de la lutte contre la vie chère un axe prioritaire de l’action publique.

Prenant la parole au nom du Chef de l’État, Hermann Immongault a assuré que cette politique sera progressivement étendue à d’autres localités du pays. Au-delà de l’ouverture du magasin, le Vice-président du gouvernement a également évoqué la reprise prochaine de plusieurs projets structurants à Minvoul, notamment certains chantiers d’infrastructures sanitaires.
Dans cette ville frontalière encore confrontée à l’enclavement et à l’état précaire des routes, l’arrivée de la Centrale d’achat apparaît comme un signal politique fort en faveur du pouvoir d’achat et du développement local.

Située dans le département du Haut-Ntem, au nord du Gabon, Minvoul couvre près de 7 000 km² et se trouve à environ 87 kilomètres d’Oyem. En raison du mauvais état des routes, les déplacements y sont encore largement assurés par motos.
Selon La Une WoleuNtemoise, les travaux des axes Medouneu–Oyem et Minvoul–Bitam, annoncé en octobre 2025 pour relier notamment Minvoul à Bitam ou Medouneu à Minvoul n’a toujours pas connu de début concret sur le terrain. Malgré les promesses de désenclavement et de dynamisation économique portées par China Road and Bridge Corporation, aucun chantier visible n’aurait encore été lancé dans la localité.

Présenté comme un projet structurant devant favoriser l’emploi, l’économie locale et l’ouverture vers le Cameroun et la Guinée équatoriale, ce programme routier suscite désormais scepticisme et frustration dans les localités concernées, où certains habitants évoquent déjà un “chantier fantôme”.
Le 20 avril dernier, le Conseil départemental du Haut-Ntem a adopté le budget 2026 de la commune, arrêté à 180,9 millions de FCFA sous la conduite du maire Meye Me Ndong Mathurin. Malgré des ressources limitées, les autorités locales affichent la volonté de préserver les investissements jugés prioritaires pour la population.
Nkili Akieme
