1er Mai 2026 au Gabon :  le Ministre du travail appelle à l’unité syndicale et à un dialogue social rénové

À l’occasion de la célébration de la Fête du Travail, le Ministre du Travail et du Plein Emploi, Jacqueline Ilogué épouse Bignoumba, a livré un discours centré sur l’unité syndicale, la justice sociale et la modernisation du cadre de travail. Face aux préoccupations exprimées par les travailleurs, elle a réaffirmé l’engagement du Gouvernement à bâtir un dialogue social crédible, durable et inclusif, dans un esprit de responsabilité partagée.

Près de 150 000 travailleurs issus de nombreuses entreprises ont défilé pour faire entendre leur voix. La célébration du 1er Mai 2026 au Gabon s’est inscrite sous le thème : « Unis pour une représentativité syndicale constructive au service du développement national », une orientation que le ministre du Travail, a présentée comme une ambition collective, mais aussi comme une responsabilité commune entre l’État, les employeurs et les travailleurs.

Dans une allocution empreinte de solennité, le membre du gouvernement s’est d’abord associée au recueillement observé en mémoire des martyrs de Chicago ainsi que des compatriotes tombés au champ d’honneur de la profession. Un hommage appuyé à celles et ceux dont les sacrifices rappellent, selon elle, qu’« il n’existe pas de dignité nationale sans la dignité de celui qui produit, qui construit et qui sert ».

Revenant sur les préoccupations portées par les travailleurs, Jacqueline Ilogué Bignoumba a indiqué que le Gouvernement les avait entendues « avec attention et sans détour ». Parmi les principales revendications figurent la modernisation du cadre juridique du travail, l’exigence d’un emploi stable et décent, les difficultés liées au coût de la vie, la question sensible de la dette sociale ainsi que la nécessité d’un dialogue social permanent, crédible et inclusif.

Reconnaissant les contraintes économiques, budgétaires et institutionnelles auxquelles fait face l’État, le Ministre a tenu à rappeler que si toutes les revendications ne pourraient être satisfaites immédiatement, aucune demande sérieuse ne serait écartée sans examen ni réponse. Une position qu’elle a inscrite dans une logique de réalisme, de méthode et d’efficacité.

Dans cette dynamique, trois grandes orientations ont été annoncées. La première concerne l’accélération de la mise en place effective du Conseil National du Dialogue Social, appelé à devenir un véritable cadre décisionnel où l’État, les employeurs et les travailleurs construiront ensemble des solutions durables.

Pour le Gouvernement, le dialogue social ne doit plus être ponctuel ni conflictuel, mais constituer désormais un réflexe permanent. La seconde orientation porte sur la révision du Code du Travail. Cette réforme, engagée dans une démarche participative, devra prendre en compte à la fois les mutations économiques, la protection des travailleurs et les impératifs de compétitivité de l’économie nationale. L’objectif affiché est de sortir des rapports d’opposition pour construire un équilibre plus juste entre les différentes parties prenantes.

Enfin, la ministre a évoqué la question de la dette sociale, notamment vis-à-vis des organismes de protection sociale, assurant qu’elle sera traitée avec rigueur et transparence. Une réponse jugée essentielle pour restaurer et consolider la confiance entre l’État employeur et les travailleurs, condition indispensable à la réussite des réformes engagées.

Jacqueline Ilogué épouse Bignoumba a également reconnu la précarité persistante de l’emploi, l’usage excessif de la main-d’œuvre occasionnelle et certains déséquilibres dans les pratiques de recrutement. Sur ces questions, le Gouvernement entend renforcer les mécanismes de contrôle, promouvoir la priorité nationale de l’emploi et mieux encadrer les formes d’emploi atypiques.

S’adressant directement aux organisations syndicales, la ministre a insisté sur la nécessité de bâtir un syndicalisme fort, responsable et uni autour des objectifs essentiels. Si la pluralité syndicale constitue une richesse, la division, a-t-elle souligné, affaiblit la portée des combats collectifs. La formation syndicale apparaît ainsi comme un levier majeur dans la consolidation d’une représentativité sociale crédible et constructive.

Au terme de son adresse, Jacqueline Ilogué épouse Bignoumba a salué la maturité des travailleurs, notamment à travers leur participation aux premières élections professionnelles, qu’elle considère comme une étape décisive dans la mise en place d’un nouveau format de représentativité sociale. En ce 1er mai 2026, l’appel lancé par la ministre résonne comme une feuille de route claire : faire le choix de la responsabilité, du dialogue et du réalisme pour bâtir un monde du travail plus juste, plus stable et plus prospère.

Antoine Relaxe et Darene Mabelle Ayingone

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