Gabon : Un opposant jeté et oublié en prison pour avoir envisagé de protester contre l’arrivée de Macron à Libreville

Jeté en prison avant l’arrivée de Macron au Gabon, Christian N’nang Nsome, président du Mouvement pour la Grandeur du Gabon (MGG), encourt jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle au regard des dispositions de l’article 73 du Code pénal. Depuis le 17 novembre 2025 à la prison centrale de Libreville, il est poursuivi pour « tentative d’insurrection » et « trouble à l’ordre public », des faits liés à une marche pacifique et une conférence de presse envisagées dans la perspective de l’arrivée du président français Emmanuel Macron au Gabon.

Christian N’nang Nsome, président du Mouvement pour la Grandeur du Gabon (MGG) et de la plateforme Le Destin National (LDN), a été arrêté le 13 novembre 2025 à Libreville.

Le leader politique est en détention préventive depuis cinq mois à la prison centrale de Libreville. Il lui est reproché d’avoir envisagé une marche pacifique et une prise de parole publique visant à dénoncer les accords de coopération entre la France et le Gabon dans la foulée du séjour au Gabon du président français. Après sa garde à vue, il a été placé sous mandat de dépôt par un juge d’instruction.

Christian N’nang Nsome président du mouvement pour la grandeur du Gabon (MGG), affiche du 13 novembre @DR

Depuis son incarcération, Christian N’NANG NSOME rejette fermement les accusations portées contre lui. « Je ne comprends pas ce que je fais en prison. Mon parti a appelé à voter OUI au référendum et a soutenu la victoire du Président à l’élection présidentielle. Comment peut-on m’accuser de tentative d’insurrection ? », aurait-il déclare à l’ONG SOS Prisonniers Gabon, une ONG qui lutte contre les abus dans les prisons du Gabon.

Ses proches dénoncent une procédure excessive et estiment que la liberté de réunion et de manifestation est garantie par la Constitution gabonaise votée par référendum le15 novembre 2024.

Son parti et sa famille appellent à sa libération « sans conditions ».

Rappel des faits

Les faits remontent au jeudi 13 novembre 2025, marqué par la préparation de la visite officielle du président français au Gabon. Plusieurs mouvements politiques avaient annoncé des prises de position critiques sur les relations entre Libreville et Paris, notamment autour des accords dits « coloniaux » signés à la veille de l’indépendance du Gabon le 17 août 1960.

Ces textes ont depuis lors fait l’objet de révision, soutiennent les parties française et gabonaise.

Dans ce cadre, le Mouvement pour la Grandeur du Gabon (MGG) avait sollicité une marche pacifique auprès des autorités, laquelle a été refusée par le ministère de l’Intérieur. Une conférence de presse a ensuite été organisée, puis délocalisée au complexe Évasion au PK9. C’est à l’issue de cette activité que Christian N’nang Nsome a été interpellé par des agents en civil.

Son frère aîné, Sylvain Nze Sima, Président du Rassemblement pour le Progrès et le Bien-être du Gabon (RPBG), voyant des inconnus interpeller son cadet, a décidé de monter également dans le véhicule. Tous deux ont été placés en garde à vue à la Direction générale des recherches (DGR). Sylvain Nze Sima a été remis en liberté sauf son frère.

Christian N’nang Nsome est depuis lors poursuivi dans une procédure judiciaire toujours en cours d’instruction, sans jugement définitif à ce stade.

Nkili Akieme

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