Dans un ton résolument ferme, le leader politique Féfé Onanga s’est exprimé ce mardi 21 avril lors d’un point de presse organisé à son domicile. Aux côtés de son secrétaire général, Delphin Mboumba, il a livré une analyse critique de la situation socio-économique dans la province de l’Ogooué-Maritime, dénonçant un manque de progrès tangible depuis la période de transition jusqu’à la première année du mandat présidentiel en cours.
D’entrée de jeu, il a regretté l’absence d’impacts visibles malgré les ressources importantes mobilisées par l’État. Selon lui, les investissements consentis ne se traduisent pas par une amélioration concrète des conditions de vie des populations. Il a également évoqué des tentatives de dissimulation de la réalité du terrain lors de certaines visites officielles, citant notamment le cas du marché Paul Moukala.
Féfé Onanga a par ailleurs critiqué certaines pratiques qu’il juge contraires aux principes de bonne gouvernance, notamment le recours aux marchés de gré à gré et les annonces sans suites concrètes. Il a pris pour illustration le projet d’aménagement de l’axe Boulangerie–Matanda–Marché Paul Moukala–Izouwa, dans le 4e arrondissement de Port-Gentil, dont le lancement médiatisé n’aurait, selon lui, produit aucun résultat visible à ce jour.
Appelant à un sursaut collectif, il a rappelé que la ville a déjà connu des périodes de transformation notable. Il a cité l’ancienne mandature du maire Séraphin Ndaot comme exemple de réalisations concrètes, invitant les responsables actuels à s’inscrire dans cette dynamique afin de mieux accompagner l’action du chef de l’État.
Sur le volet budgétaire, le leader politique a insisté sur la nécessité d’une gestion rigoureuse du budget primitif 2026 de la commune, estimé à près de 24 milliards de francs CFA. Il a plaidé pour la mise en place de mécanismes de contrôle afin de prévenir d’éventuelles dérives, notamment la création de structures fictives destinées à des détournements de fonds.De son côté, Delphin Mboumba a mis en lumière le lien entre le chômage des jeunes et l’insécurité grandissante dans la capitale économique. Il a souligné que le manque d’opportunités favorise les tensions sociales et alimente la violence, avec des répercussions sur la perception des autorités par les populations.
Enfin, Féfé Onanga a déploré la mise à l’écart de son mouvement lors de la visite présidentielle des 12 et 13 avril à Port-Gentil. Se considérant comme un acteur ayant contribué à la mobilisation électorale, il appelle à une reconnaissance plus équilibrée des forces locales.
Malgré la fermeté de ses propos, il a réaffirmé son soutien à la vision du chef de l’État, tout en alertant sur les risques liés aux divisions internes et aux rivalités politiques, susceptibles, selon lui, de freiner le développement de la province. Un discours direct, qui se veut aussi un appel à la responsabilité dans un contexte marqué par de fortes attentes sociales.
Jean-Jacques Rovaria Djodji
