Suspension des réseaux sociaux : Des pertes sèches de près d’1 milliard de Francs CFA par jour

D’après une estimation réalisée à l’aide de l’outil de calcul de l’organisation spécialisée NetBlocks, deux jours d’indisponibilité de certaines plateformes numériques pourraient générer une perte globale estimée à deux millions neuf cent soixante mille cinq cent soixante-huit (2 960 568) dollars, soit environ un milliards sept cent quatre-vingt et un millions quatre cent quatorze mille cinq cent quatre-vingt-dix-huit (1 781 414 598) Francs CFA. Rapporté à une journée, cela représenterait près de huit cent quatre-vingt-dix (890) millions de Francs CFA de manque à gagner pour l’économie nationale, Depuis l’annonce par la Haute autorité de la communication (HAC) de la suspension immédiate et « jusqu’à nouvel ordre » des réseaux sociaux. Un préjudice quotidien majeur, s’alarme NetBlocks, qui souligne le poids désormais central des réseaux sociaux dans l’activité économique quotidienne.

Les restrictions ont touché des plateformes très utilisées telles que WhatsApp, Facebook, Twitter (X), YouTube, et d’autres comme Instagram ou TikTok selon les observations de NetBlocks et des usagers. Ces services ne se limitent plus à du loisir : ils constituent de véritables outils de travail pour des milliers de petites entreprises, commerçants et travailleurs indépendants.

Promotion de produits, échanges avec les clients, organisation de transactions : lorsque l’accès est interrompu, c’est toute une chaîne d’activités qui se retrouve paralysée, déplore-t-on.

Dans le secteur informel, particulièrement dynamique au Gabon, les conséquences sont immédiates. De nombreux jeunes entrepreneurs s’appuient exclusivement sur ces réseaux comme vitrine commerciale, remplaçant parfois les boutiques physiques. L’impossibilité de publier des offres, de répondre aux commandes ou simplement de communiquer avec la clientèle entraîne des pertes directes et souvent irréversibles pour ces acteurs.

Au-delà du commerce, d’autres secteurs sont touchés : médias en ligne, communication digitale, services de paiement mobile et promotion en ligne. Journalistes, créateurs de contenus et organisations de la société civile utilisent largement ces plateformes pour diffuser l’information et interagir avec leur public. Une coupure prolongée fragilise leur visibilité et leur modèle économique.

Ces chiffres révèlent le coût réel des perturbations numériques dans un pays où l’usage des outils digitaux progresse rapidement. Pour de nombreux observateurs, la question dépasse désormais le seul accès à l’information : elle interroge l’impact financier direct de telles restrictions sur une économie déjà confrontée à des défis structurels.

Tous les opérateurs touchés, les spécialistes des finances et de l’économie, ainsi que les acteurs de la société civile sont unanimes pour reconnaitre que cette mesure, prise dans un contexte de tensions sociales, met en lumière une réalité incontournable : les réseaux sociaux ne sont plus un simple canal de communication, mais un pilier de l’économie gabonaise contemporaine.

Féeodora Madiba et Darène Mabelle Ayingone

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