Le 2e vice-président du Parti démocratique gabonais (PDG, ancien parti au pouvoir), Yves Fernand Manfoumbi, a, suite à la crise de leadership qui secoue cette formation politique dont l’ancien président déchu Ali Bongo revendique la direction du parti dirigé actuellement par Blaise Louembe, élu en janvier 2025 lors d’un congrès, appelé au dialogue et à la réconciliation pour, dit-il, « préserver l’essentiel ».
« La division serait un luxe que nous ne pouvons pas nous permettre ; je lance donc un appel à l’apaisement et au dialogue structuré », a lancé M. Manfoumbi, exhortant par la suite que « chacun accepte de revenir à la table des discussions ».
Le 20 février dernier, Ali Bongo Ondimba, qui se considère comme le vrai président du PDG, a adressé une mise en demeure par voie d’huissier, signifiant formellement à la tendance Blaise Louembe d’occuper illégalement la direction du parti. Et que cette direction contestée qui est en collusion avec l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB, au pouvoir), aurait bradée les intérêts du parti aux dernières élections législatives combinées des locales de septembre et octobre 2025.
S’adressant aux militants sur sa page Facebook, Ali Akbar Onanga Y’Obegue, Secrétaire général du PDG tendance Ali Bongo, a allégué que « vos candidats ont été sabordés par ceux qui prétendaient les défendre ; vos recours juridiques ont été retirés au profit de l’adversaire ; votre financement électoral a été sacrifié sur l’autel d’intérêts personnels ; votre parti a été conduit à genoux devant ceux-là mêmes qui l’ont renversé ».
Pour Yves Fernand Mamnfoumbi, « l’histoire montre que les moments de tension peuvent devenir des moments fondateurs, à condition que le dialogue l’emporte sur la défiance. C’est dans cet esprit que je m’inscris : un esprit de réconciliation, un esprit de respect des règles, un esprit tourné vers l’avenir ».
Le PDG a dirigé le Gabon durant 56 ans, sans discontinuer. Il a perdu le pouvoir lors du coup d’état militaire du 30 août 2023. Affaibli par son AVC, Ali Bongo Ondimba, alors président statutaire, avait été mis de côté et une direction provisoire dirigée par Paul Biyogue Mba avait été mise en place jusqu’à l’organisation du congrès ayant porté Blaise Louembe à la tête de la formation politique fondée par feu Omar Bongo le 12 mars 1968.
Camille Boussoughou
