Après 5 ans de prison à la maison d’arrêt de Port-Gentil, il est libéré pour troubles ‹‹schizo-affectifs››

Il est l’un des détenus dont la santé mentale a progressivement subi un coup. Lui c’est Brice Briel Olingo Mounanga un gabonais de 37 ans, incarcéré à la maison d’arrêt de Port-Gentil depuis le 11 février 2019. 

En effet, le 4 janvier 2019 aux environs de 15 heures Brice Briel Olingo Mounanga met le feu dans le studio où il vivait, héritage de son père. Cet incendie cause la panique générale auprès des voisins, notamment chez Dieudonné Koumba qui a vu une partie de son habitation prendre feu. Vue que les flammes étaient d’une violence sans pareil.  Il est alerté par sa femme de l’acte que vienne de poser son voisin Brice Briel.

Arrêté par les Officiers de Police Judiciaire, l’homme a reconnu les faits à lui reprocher devant les enquêteurs bien que sa santé mentale subissait déjà des dérèglements. Ce père de famille est atteint de trouble ‹‹schizo-affectif››, défini comme étant la schizophrénie associée des symptômes d’un trouble bipolaire (caractérisé par plusieurs épisodes dépressifs ou la présence simultanée d’épisodes dépressifs et de manie). Cet état de santé a entraîné ce père de deux enfants à détruire même le poste téléviseur de son frère prétextant avoir vu un prête en prédication, et même de mettre très souvent le feu à la cours commune indiquant vouloir la purifier des ‹‹ mauvais esprits ››.

« Alors qu’il résidait au domicile familial, il avait eu une altercation avec son frère et sieur Dieudonné Koumba. Pris d’hallucinations, il détruisait la télévision de son frère car convaincu d’avoir vu un pasteur assurant une prédication ››, indique le procès-verbal.

Lors de son procès en audience criminelle, l’avocat général a indiqué que ‹‹ son état est consécutif à la consommation abusive des stupéfiants, laquelle constitue une circonstance aggravante ››.

À la barre l’accusé a fait savoir à la Cour et devant sa famille qu’il est victime d’une marginalisation. En effet, depuis sa tendre enfance il était abandonné par les membres de sa famille, et son état mental était accompagné par des troubles psychiatriques d’une violence extrême. D’après le rapport médical du médecin neuropsychiatre consulté à cet effet, il est indiqué noir sur blanc que Brice Briel Olingo Mounanga « est atteint de troubles schizo-affectifs caractérisés par des délires, des hallucinations, des épisodes maniaques ou même des périodes de dépression ».

A la délibération de l’audience ce gabonais ‹‹pyromane›› de plus d’une trentaine d’années, a finalement été acquitté par la Cour criminelle qui a cependant, condamné par la même occasion la famille de l’accusé à le transférer dans une structure sanitaire appropriée (Melen) pour le traitement de ses troubles mentaux.

En outre, le père et la mère de l’accusé ont été condamnés solidairement à payer au plaignant la somme de 2 000 000 FCFA au titre de dommages-intérêts conformément à l’article 618 du Code civil et des dispositions de l’article 1394 du Code civil ancien. Sa libération est prévue pour cette semaine.

Jean-Jacques Rovaria Djodji

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