Gabon : Tournons la page demande le retrait pur et simple du projet de révision de la constitution

L’organisation internationale de la société civile dénommée Tournons la page (TLP) dont le président de la section internationale est l’activiste Marc Ona Essangui demande dans un communiqué le retrait pur et simple du projet de révision de la constitution qui constitue, selon elle, un profond recul démocratique.

« Cette énième modification par projet de loi et non par referendum constitue un profond recul démocratique pour un pays qui étonnamment a été élu membre du Conseil des Nations-Unies pour les Droits de l’Homme », s’offusque l’organisation qui s’étonne de la légèreté avec laquelle « la Constitution de la République, socle du vivre-ensemble du peuple gabonais, est une fois de plus modifiée au seul gré d’une minorité de privilégiés ».


Tournons la page dénonce la violation du principe de la séparation des pouvoirs consacrée par l’article 5 de la Constitution gabonaise, en permettant au Président de la République qui relève du pouvoir exécutif de nommer des Sénateurs qui eux relèvent du pouvoir législatif. L’organisation déplore par ailleurs, « la militarisation du pouvoir exécutif matérialisée par l’élévation du Ministre de la défense au rang de Président de la République par intérim, au même titre que des Présidents d’institutions élus comme parlementaires par le peuple pour exercer le pouvoir législatif et contrôler le pouvoir exécutif ».

Combatif, TLP appelle au sens « républicain des parlementaires gabonais à qui ce projet sera soumis pour adoption et les renvoie à leur responsabilité devant l’histoire ».

TLP interpelle les autorités gouvernementales et institutionnelles de la République « sur la gravité de telles dérives et invite l’ensemble des acteurs de la société civile, les leaders d’opinion, les acteurs politiques de la majorité et de l’opposition à tout mettre en œuvre pour éviter que ce projet de loi ne prospère ».

Le projet de révision de la constitution contesté par TLP a été adopté vendredi par le conseil des ministres. Il concerne notamment l’article 13a qui dispose qu’en cas de vacances de pouvoir ou d’empêchement définitif du Chef de l’Etat, l’intérim de la fonction présentielle sera assumé par un Collège composé des deux Présidents des deux Chambres du Parlement et du Ministre de la Défense Nationale. Il y a également l’article 35 qui donne désormais le pouvoir au Président de la République de nommer des Sénateurs et enfin l’article 78 qui « consacre une immunité absolue au Chef de l’Etat une fois l’exercice de ses fonctions achevées », selon TLP.

Le communiqué de TLP est aux antipodes des réactions des proches du pouvoirs qui saluent une volonté d’assurer la stabilité des institutions et par ricochet la paix dans ce petit pays de 1,8 million d’habitants.

Camille Boussoughou


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