À la suite de l’accident survenu sur la plateforme pétrolière Prospector 5, au large de Mayumba, la Confédération syndicale des travailleurs du Gabon (CSTG), a, dans une communication officielle, faite mardi, appelé les autorités et les employeurs à renforcer les dispositifs de prévention des risques et de la sécurité au travail. Le président de la CSTG, Aymar Gaëtan Kissengori, formule plusieurs exigences visant à prévenir de nouveaux drames et à garantir une meilleure protection des travailleurs.
Au nombre des recommandations et préconisations formulées par la CSTG figurent notamment la publication des résultats des enquêtes relatives à l’accident du Prospector 5, le renforcement des inspections du travail et un accompagnement effectif des familles des victimes.
L’organisation plaide également pour la mise en place d’un programme national de prévention des risques professionnels assorti d’objectifs précis, la publication d’un rapport annuel sur la sécurité et la santé au travail, ainsi que la ratification de la Convention n°187 de l’OIT (Organisation internationale du travail), relative au cadre promotionnel pour la sécurité et la santé au travail.
À travers cette interpellation, la CSTG entend replacer la protection des travailleurs au centre des priorités nationales. Pour son président, Aymar Gaëtan Kissengori, les impératifs économiques ne peuvent en aucun cas justifier la mise en danger des vies humaines. « Le développement du Gabon ne doit pas se faire au prix de la vie des travailleurs », martèle la centrale syndicale.
Compassion
La centrale syndicale apporte son soutien aux familles endeuillées et aux travailleurs affectés par cet accident. Elle salue également l’engagement des équipes mobilisées dans les opérations de secours et de recherche.
Pour autant, la CSTG estime que les marques de compassion et de solidarité ne sauraient suffire ; et que la fin des opérations de recherche ne doit pas mettre un terme aux responsabilités des autorités et des employeurs envers les victimes et leurs familles. Elle appelle ainsi à passer des déclarations aux mesures concrètes.
Santé et Sécurité travail
La CSTG rappelle que le Gabon a ratifié, le 28 juillet 2015, la Convention n°155 de l’OIT, relative à la sécurité et à la santé des travailleurs. Cet instrument prévoit notamment l’élaboration et la mise en œuvre d’une politique nationale de prévention des risques professionnels, avec la participation des partenaires sociaux.
La CSTG déplore cependant le décalage entre les engagements internationaux du Gabon et leur application effective sur le terrain. Elle interpelle particulièrement le gouvernement sur l’article 259 de la loi n°022/2021 portant Code du travail, qui prévoit l’adoption d’arrêtés conjoints destinés à encadrer les conditions de sécurité dans plusieurs secteurs à risques, notamment celui des hydrocarbures.
Pour la centrale syndicale, l’application effective de ces dispositions constitue une nécessité pour renforcer la protection des salariés exposés aux risques professionnels et prévenir de nouveaux accidents.
Au-delà du drame du Prospector 5, cette sortie syndicale relance ainsi la question de l’application effective de la législation sociale au Gabon et de la responsabilité des pouvoirs publics et des employeurs dans la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles.
Les faits
Le naufrage de la plateforme pétrolière Prospector 5, appartenant à Borr Drilling BW Energy est survenu le 24 octobre 2026 au large de Mayumba, près de Tchibanga, dans la province de la Nyanga (sud-ouest), avec 115 personnes à bord.
110 d’entre elles ont été sauvées dès les premières heures et évacuées vers Port-Gentil. 5 victimes étaient initialement portées disparues. 4 d’entre elles ont été récemment retrouvées, dont les dépouilles ont été transférées dans la capitale économique (3 gabonais et 1 croate) ; alors que la 5ème personne demeure activement recherchée, assurent les autorités.
Féeodora Madiba et Frida Dodo
