Séance de fouille; drogues et stupéfiants saisis dans et autour des écoles / Gabonactu.com
La police scolaire apparait comme une réponse efficace, à envisager pour réduire considérable, à défaut de l’enrayer systématiquement, les violences entre élèves, les actes de banditisme, les rackets et l’exposition des enfants à la drogue et aux stupéfiants. la sécurité des établissements scolaires s’impose comme une priorité. Face à ces menaces, la mise en place ou le renforcement d’une police scolaire apparaît comme un levier pour restaurer la discipline, protéger la jeunesse et préserver la mission éducative de l’école. Mais pas seulement.

Conçue comme un sanctuaire du savoir, de la discipline et de la transmission des valeurs, l’école ne saurait devenir un espace où l’intimidation, le racket, les agressions et les comportements déviants prennent le pas sur l’apprentissage. Au-delà des perturbations qu’ils provoquent, ces actes fragilisent l’autorité des enseignants, compromettent la sérénité des cours et exposent les élèves à des risques susceptibles d’affecter leur avenir.
À cette situation s’ajoute la problématique de la consommation et de la circulation des produits stupéfiants, qui appelle une vigilance accrue aux abords des établissements et dans les espaces fréquentés par les jeunes. La protection des élèves, à travers une présence marquée, aussi dissuasive que répressive, nécessite une action coordonnée pour prévenir les conduites à risque, repérer les situations préoccupantes et lutter contre les éventuels circuits de distribution et les lieux de dépravation, sans stigmatiser les apprenants ni porter atteinte à leurs droits.
Une présence sécuritaire organisée, dotée de missions précises et travaillant en étroite collaboration avec les responsables d’établissements, les familles et les services compétents, pourrait contribuer à prévenir les violences, sécuriser les entrées et les sorties et renforcer la surveillance des abords des écoles. L’objectif est clair : rétablir un cadre où les règles sont respectées et où chaque élève peut étudier sans crainte.
La répression ne saurait être la panacée
La sécurité scolaire exige également des mesures de prévention, un accompagnement psychologique des élèves en difficulté, une meilleure gestion des conflits et une sensibilisation aux dangers des stupéfiants. Les difficultés familiales, le décrochage scolaire et le manque de perspectives peuvent aussi contribuer à certaines trajectoires de rupture.

Les ignorer reviendrait à traiter les manifestations du problème sans agir sur ses causes. La responsabilité doit ainsi être partagée entre les pouvoirs publics, les équipes pédagogiques et les parents. Aux autorités de définir un dispositif opérationnel, de former les personnels concernés et d’assurer les moyens nécessaires à son fonctionnement.
Aux établissements de renforcer la discipline et les mécanismes de signalement. Aux familles, enfin, de maintenir un suivi attentif des comportements et des fréquentations de leurs enfants. Cette mobilisation doit s’inscrire dans le respect des droits des mineurs, de leur dignité et du principe de proportionnalité.
L’enjeu dépasse donc largement la seule question de l’ordre dans les écoles. Il concerne la qualité de l’enseignement, la protection des enseignants et la construction de la jeunesse gabonaise. Aucun établissement ne peut remplir pleinement sa mission lorsque la peur, les menaces ou les trafics viennent perturber son fonctionnement.
Pour le Gabon, il est donc temps de passer des préoccupations aux mesures concrètes. La police scolaire, si elle repose sur un cadre légal clair et s’accompagne d’une véritable politique de prévention et d’encadrement, pourrait constituer un instrument important de sécurisation du milieu éducatif.
Féeodora Madiba et Jean-Jacques Rovaria Djodji
