Le vice-président du Gouvernement, Hermann Immongault, a lancé mardi les travaux d’une future cimenterie à Malibé 2, dans la commune d’Akanda. Évalué à 114 milliards de FCFA, le projet prévoit la production locale de clinker et de ciment pour répondre aux besoins du marché gabonais et réduire le recours aux importations. Portée par Gabon Future Cement Clinker SAU avec des partenaires chinois, dont Conch Investment Holdings, l’infrastructure occupera une superficie de 17,5 hectares. Elle comprendra une ligne de production de clinker, une unité de broyage du ciment, une centrale électrique à biomasse et une installation de béton prêt à l’emploi. Les promoteurs disposent d’un délai prévisionnel de 24 mois pour réaliser le complexe.
La future unité prévoit une capacité de production de 3 500 tonnes de clinker par jour, soit environ un million de tonnes par an. La cimenterie doit également produire au moins un million de tonnes de ciment par an. Ces volumes pourraient renforcer l’approvisionnement du marché national et offrir de nouvelles perspectives commerciales dans la sous-région, sous réserve des conditions de production et de distribution.
Au-delà des capacités industrielles, le projet promet des retombées pour l’emploi et les entreprises locales. Au moins 200 emplois directs sont annoncés, avec une priorité accordée aux travailleurs gabonais. Les PME nationales pourraient également bénéficier de marchés liés à la construction et à l’exploitation du site. Ces perspectives devront toutefois se confirmer au fur et à mesure de l’avancement du chantier.
L’usine doit aussi accompagner le développement de la Cité verte de Mondah, un programme immobilier qui prévoit notamment 500 logements dans sa première phase. La disponibilité de matériaux produits à proximité pourrait faciliter certains chantiers. Toutefois, le coût du ciment ne dépend pas uniquement de son lieu de fabrication : l’énergie, le transport et les marges de distribution pèseront également sur le prix payé par les consommateurs.
D’autres questions restent à préciser, notamment les modalités d’accès aux futurs logements, les conditions de financement et les mesures destinées à limiter les effets environnementaux de l’activité industrielle. La consommation énergétique, les émissions liées à la fabrication du clinker et le fonctionnement de la centrale à biomasse méritent une attention particulière. Autant d’éléments qui compteront dans l’évaluation du projet au-delà de sa seule capacité de production.
Avec cet investissement, Malibé 2 devient un nouveau point d’attention pour l’industrie gabonaise et la politique de l’habitat. Le respect du calendrier annoncé, la création effective d’emplois et la compétitivité des matériaux permettront de mesurer les retombées de cette initiative. Pour les ménages, l’enjeu sera aussi de savoir si cette production locale contribuera à rendre le ciment et, à terme, les logements plus accessibles.
Christina Thélin Ondo
