CNSS : les indépendants passent à leur tour sous le filet social

La Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) a présenté ce jeudi 8 octobre 2026, à la Chambre de Commerce de Libreville, le Régime des Travailleurs Mobiles et Indépendants (RTMI) aux organisations professionnelles. La séance de travail visait à expliquer les contours de ce nouveau dispositif, à identifier les travailleurs concernés et à définir avec leurs représentants les moyens de les affilier.

Le RTMI cible les personnes qui travaillent pour leur propre compte, sans lien de subordination avec un employeur, ainsi que celles dont l’activité est mobile, discontinue ou informelle. Commerçants, artisans, transporteurs, agriculteurs, éleveurs, pêcheurs, membres des professions libérales ou encore religieux figurent parmi les catégories concernées.

Le régime prévoit plusieurs droits sociaux. Les adhérents pourront notamment bénéficier d’une pension de retraite, d’une prestation de maternité et d’une prise en charge en cas d’accident du travail. L’objectif est de permettre aux travailleurs indépendants de se constituer des droits à travers leurs cotisations.

Selon Yves Léandre Ndjhally Openda Salessi, chef de projet RTMI à la CNSS, la rencontre avait aussi pour but de définir avec les organisations professionnelles les modalités de collaboration et les prochaines actions. L’enjeu est surtout de trouver les moyens d’atteindre les quelque 202 000 travailleurs indépendants recensés dans les statistiques actuelles.

« Il fallait définir comment couvrir, comment toucher, comment affilier ces 202 000 travailleurs indépendants », a expliqué le responsable du projet. Les échanges ont également porté sur les interrogations liées au fonctionnement du nouveau régime et sur les garanties offertes par la CNSS.

L’affiliation sera obligatoire pour les travailleurs indépendants qui exercent sur le territoire national. Les Gabonais de la diaspora pourront, eux, adhérer de manière volontaire. Les cotisations seront calculées sur la base des revenus déclarés par chaque adhérent.

Pour Suzanne Dikandou, présidente du Syndicat des commerçants de Libreville, cette démarche constitue une avancée pour les travailleurs qui exercent sans couverture sociale classique. Elle estime que les échanges ont permis de clarifier les modalités de cotisation et les mécanismes prévus pour permettre à la CNSS de collecter les contributions.

Avec le RTMI, la CNSS cherche ainsi à élargir la protection sociale à une catégorie de travailleurs jusque-là peu couverte par les mécanismes traditionnels. La prochaine étape consistera à poursuivre le travail avec les organisations professionnelles afin de faciliter l’information, l’affiliation et le suivi des futurs adhérents.

Tryphene Lembah et Christina Thélin Ondo

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