Gabon : Coup d’envoi d’une réflexion pour dépoussiérer l’administration publique

Le gouvernement gabonais a officiellement lancé ce lundi 5 octobre 2026, au Palais des Congrès de la Cité de la Démocratie, deux journées de réflexion intensive sur la « Simplification de l’architecture institutionnelle du Gabon » avec pour objectif de mettre fin aux doublons, aux paperasses sans fin et aux batailles d’arbitrage qui s’éternisent.

Autour de la table, près de 200 acteurs importants à savoir ministres, présidents d’institutions, secrétaires généraux, juristes et partenaires financiers invités à poser un diagnostic lucide sur le fonctionnement de l’État, un an après le basculement vers le régime présidentiel instauré par la Constitution de 2024.

Sur le terrain, le constat est partagé : si les réformes de fond ont été enclenchées, la machine administrative souffre encore d’angles morts, de chevauchements de compétences et de procédures lourdes qui ralentissent la décision publique.

Pour le Vice-président du gouvernement, Hermann Immonguault, la priorité est de redonner du sens et de la rapidité à l’action de l’État :

« On ne peut pas exiger de l’administration qu’elle aille plus vite et rende des comptes tout en gardant des structures qui entretiennent la confusion. Quand un citoyen ou une entreprise ne sait plus à quelle porte frapper, ce n’est plus un détail d’organisation, c’est un problème d’efficacité » a t’il déclaré.

Au cœur des débats se trouve la circulaire présidentielle du 8 mai 2025, souvent perçue comme la méthode de travail incontournable de l’exécutif. Face aux réticences et aux lourdeurs juridiques, le ministre de la Réforme et des Relations avec les Institutions, François Ndong Obiang, a tenu à recadrer les attentes en rappelant sa feuille de route :

« Les citoyens attendent un État lisible, prévisible et réactif. Le droit donne sa forme à la réforme, mais la volonté politique lui donne sa direction. Notre mission est de simplifier concrètement nos organisations pour faire des économies de moyens et supprimer le superflu », a insisté le ministre Ndong Obiang.

Pendant 48 heures, les participants vont plancher en ateliers et en plénières pour déboucher non pas sur un simple rapport de plus, mais sur une feuille de route opérationnelle.

Les travaux doivent mettre au point une cartographie précise des blocages et des lourdeurs constatées depuis un an. Ils doivent faire des propositions de fusion ou de suppression des structures redondantes.

Un calendrier serré d’ajustements juridiques pour clarifier les rôles de chaque ministère et institution ainsi que la création d’un comité de suivi chargé de vérifier l’application des résolutions dans le quotidien des usagers.

Betines Makosso

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