CNAMGS : 120 000 bénéficiaires économiquement faibles indûment enregistrés, selon la Cour des comptes

La Cour des comptes vient de mettre en lumière une importante anomalie dans le fichier des Gabonais économiquement faibles (GEF) pris en charge par la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS). Sur près d’un million de personnes recensées, environ 120 000 bénéficiaires seraient indûment enregistrés au regard des critères actuellement en vigueur. Une situation qui relance la question de la fiabilité du ciblage des politiques sociales publiques.

Le constat est significatif. Alors que le fichier des GEF compte près d’un million de personnes, environ 900 000 bénéficiaires sont effectivement pris en charge par la CNAMGS. L’écart relevé par la Cour des comptes met ainsi en évidence la nécessité de procéder à une actualisation régulière des données afin de s’assurer que les ressources publiques destinées aux populations les plus vulnérables bénéficient réellement à celles qui remplissent les conditions requises.

Pour autant, la juridiction financière tient à apporter une précision essentielle : « le chiffre de 120 000 personnes ne saurait être automatiquement assimilé à des cas de fraude ». Il s’agit avant tout d’inscriptions qui, au regard des vérifications effectuées, ne correspondraient plus nécessairement aux critères actuels permettant de bénéficier du statut de Gabais économiquement faible.

Cette distinction est importante. Une personne peut, par exemple, avoir été régulièrement inscrite dans le fichier à un moment donné, avant que sa situation économique ou administrative n’évolue. Sans mécanisme efficace de mise à jour, son nom peut alors continuer à figurer parmi les bénéficiaires, alors même qu’elle ne répond plus aux conditions d’éligibilité.

Face à cette situation, la Cour des comptes recommande donc « un nettoyage complet du fichier national des GEF ». L’objectif est de fiabiliser la base de données, d’actualiser les situations individuelles et de renforcer la pertinence du ciblage des prestations sociales.

Le nettoyage préconisé devrait ainsi permettre de distinguer les bénéficiaires répondant toujours aux critères des personnes dont la situation a changé. Une opération qui pourrait contribuer à « mieux orienter les ressources publiques vers les populations effectivement vulnérables », tout en améliorant la transparence et l’efficacité du dispositif de protection sociale.

L’enjeu est donc moins de désigner des fraudeurs que de remettre à jour un fichier national devenu, pour partie, obsolète. Pour la Cour des comptes, la fiabilité des données constitue désormais un levier essentiel pour garantir que la solidarité nationale profite prioritairement à ceux qui en ont réellement besoin.

Antoine Relaxe

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error

Vous aimez l'article? Merci de le partager.