L’ultime journée des Championnats d’Afrique de karaté, disputée dimanche a Alger et consacrée aux combats par équipes, a scellé le parcours des panthères. Malgré une prestation valeureuse face aux cadors du continent, les karatékas quittent la compétition sans médaille, révélant au grand jour les faiblesses structurelles et le manque de compétitions régulières au niveau local et international.
Sur les tatamis algériens, l’équipe masculine engagée dans une poule particulièrement relevée comptant 8 nations (sur 16 au total), la sélection hommes s’est inclinée lors du 5ᵉ et ultime combat décisif face à la Tunisie. Une défaite sur le fil qui témoigne du potentiel et du niveau technique des panthères.
Du côté des féminines, après un premier revers face à la Côte d’Ivoire, l’équipe a su rebondir lors des repêchages avant de céder au tour éliminatoire contre le Cameroun, futur finaliste face à la Tunisie. Au terme des épreuves individuelles et par équipes, cinq athlètes gabonais sont tout de même parvenus à se hisser au classement final de leurs catégories respectives, s’arrêtant aux portes des médailles.
A Alger, si la hargne et le talent étaient au rendez-vous, le diagnostic de cette compétition africaine pointe du doigt des maux bien connus. Le constat amer est l’absence prolongée de compétitions nationales; le Championnat du Gabon et la Coupe du Gabon, en sommeil depuis 2014-2016, limite grandement la détection et la progression des talents.
Limités à deux sorties annuelles (Zone 4 et Championnats d’Afrique), les karatékas gabonais souffrent d’un manque de rythme face à des adversaires habitués aux circuits mondiaux de la Karate 1 (Premier League, Series A) et aux Open européens.
Au-delà de la préparation physique et tactique, le facteur décisionnel a pesé lourd. Le corps médical et technique pointe du doigt un arbitrage souvent défavorable aux nations d’Afrique centrale, déplorant une sous-représentation des arbitres noirs-africains dans les instances de décision au profit du bloc maghrébin, à l’exception notable du Sénégal qui tire son épingle du jeu grâce à sa présence dans la commission d’arbitrage.
Pour relancer la discipline et sortir de l’impasse, l’urgence impose une réorganisation profonde notamment redynamiser le championnat national, investir dans la détection en province, et offrir aux athlètes les moyens de multiplier les frottements internationaux avec l’appui du ministère de la Jeunesses et des Sports et de la Fédération.
Betines Makosso
