« L’argent des pauvres, aux pauvres » : Frank Nguéma plaide pour une gestion orthodoxe des deniers publics

Frank Nguéma, ancien ministre et ancien député d’Akanda @ DR

Dans un rapport sanctionnant une mission de contrôle des finances publiques, la Cour des comptes, par le biais de son premier président, le juge Alex Euv Moutsiangou, a fait état d’un ‘’trou’’ de l’ordre de 1700 milliards de Francs CFA, de débet et d’amendes à recouvrer, au titre de l’exercice 2026 en cours. Des faits suffisamment alarmants aux yeux de l’ancien ministre, Frank Nguéma, qui a appelé, dans une déclaration officielle faite vendredi, à aller jusqu’au bout de ce processus. L’ancien député d’Akanda (au nord de Libreville), plaide pour le recouvrement des sommes ‘’distraites’’, le renforcement des contrôles et une meilleure protection des fonds destinés aux populations vulnérables.

Frank Nguéma juge particulièrement ‘’astronomique’’, les sommes ‘’distraites’’, plus de 1700 milliards de Francs CFA, qui correspondraient, s’est-il indigné, à environ 31 % du budget rectifié de l’État pour l’exercice 2026 en cours, fixé à 5 495,2 milliards de FCFA ; et à près de 80 % du budget d’investissement public, évalué à 2 119,2 milliards de FCFA.

« Ici, nous parlons d’argent public, de l’argent des contribuables et de responsabilités financières », martèle-t-il. Pour l’ancien ministre, l’enjeu dépasse donc les seules irrégularités relevées dans les rapports de contrôle. Il s’agit, selon lui, de fonds publics dont la mauvaise gestion peut directement affecter les populations, précisant au passage qu’« un débet est une somme qu’un gestionnaire public doit rembourser en raison d’irrégularités engageant sa responsabilité financière et l’amende constitue, quant à elle, une sanction financière ».

La préoccupation paraît encore plus forte lorsque l’on regarde les secteurs concernés, notamment la sécurité sociale, les évacuations sanitaires, le Fonds des gabonais économiquement faibles et la CNAMGS. Des dispositifs qui, rappelle Frank Nguéma, jouent un rôle essentiel auprès des populations les plus fragiles. « Car derrière ces chiffres, il y a des vies humaines », insiste-t-il, en évoquant les familles en difficulté, les enfants qui doivent être soignés, les personnes âgées sans ressources et les gabonais économiquement faibles.

Dans cette situation, l’ancien député député salue la décision du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguéma, de laisser les institutions de contrôle faire leur travail et rendre publics leurs résultats. Il revient également sur le discours prononcé par le chef de l’État le 29 août dernier à Makokou, lors de la Fête de la Libération : « Dans la Cinquième République, chacun doit répondre de ses actes », a affirmé le chef de l’Etat et pour Frank Nguéma, cette parole doit désormais se traduire dans les faits et devenir une véritable méthode de gouvernance.

Pour renforcer la protection des ressources destinées aux populations, l’ancien député d’Akanda préconise notamment le recouvrement effectif des sommes dues à l’État après les décisions judiciaires définitives, un audit permanent des financements sociaux et l’accélération de la mise en place du Registre social national unifié et la digitalisation des aides et prestations sociales.

Il propose également la création d’un Fonds national de lutte contre la pauvreté, soumis à un audit annuel, ainsi qu’un meilleur contrôle des paiements de la CNAMGS aux structures et professionnels de santé.

Frank Nguéma réaffirme enfin son soutien au président de la République dans sa volonté de lutter contre « l’impunité, la gabegie et la corruption ». Mais pour lui, les contrôles ne doivent pas rester sans suite.

« Les audits ont ouvert la porte. Il faut maintenant aller jusqu’au bout ! Contrôler, Recouvrir, Sanctionner lorsque les responsabilités sont établies. Réformer, prévenir de nouvelles fuites de fonds, Et surtout rendre compte aux gabonais », lance-t-il. Une exigence qu’il résume en une phrase : « L’argent destiné aux populations vulnérables n’est pas un argent comme les autres. C’est l’argent de la solidarité nationale. », conclut-il.

Féeodora Madiba et Stone Ferrari Mikala

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