Il cachait le cannabis dans des sacs d’arachides à Port-Gentil

Le circuit présumé d’un colis de cannabis entre Lambaréné et Port-Gentil a conduit Georges Mapessi derrière les barreaux. Interpellé le 26 août dernier par l’antenne provinciale de l’Office central anti-drogue (OCAD) de l’Ogooué-Maritime, le trentenaire a été placé sous mandat de dépôt à la maison d’arrêt de Port-Gentil, le 31 août 2026, pour détention de stupéfiants.

Âgé de 30 ans et père de deux enfants, Georges Mapessi était, selon les renseignements recueillis par les enquêteurs, recherché depuis plusieurs semaines par les éléments de l’OCAD. Il est présenté comme un présumé vendeur et grossiste de cannabis et serait notamment lié à Jessy Mambougou Babissa, une jeune femme déjà placée en détention à la prison centrale du Château.

L’arrestation de Georges Mapessi s’est déroulée aux environs de 8 heures, dans le quartier Matanda. Après son interpellation, les agents de l’OCAD l’auraient conduit à son domicile, situé à Siby. La perquisition effectuée sur place aurait permis de découvrir plusieurs sacs ainsi que des « cuisses » de cannabis.

Face aux journalistes, le mis en cause est revenu sur l’origine de la marchandise. Selon son récit, tout aurait commencé à Lambaréné, dans le Moyen-Ogooué, lorsqu’il aurait retrouvé un ancien ami présenté sous le nom de « Damso ».

« C’est en revenant de Libreville pour Lambaréné que j’ai croisé un viel ami avec qui j’ai échangé. De là, il avait promis l’expédier un collis. Deux mois après, il m’a contacté, en me disant qu’il m’a introduit un collis dans un sac d’arachides. En allant au port récupérer, j’ai dû emmener les trois sacs à la maison », relate le présumé trafiquant de tabac Congo.

D’après ses déclarations, le cannabis aurait ainsi été dissimulé dans un ballot placé à l’intérieur d’un sac contenant des arachides, parmi d’autres produits vivriers. Une fois la marchandise récupérée au port de Port-Gentil, Georges Mapessi l’aurait ramenée à son domicile de Siby. Le colis serait ensuite resté plusieurs jours chez lui avant qu’il ne décide de contacter une ancienne connaissance, Jessy Mambougou Babissa.

« Le fameux collis est resté environs deux semaines à la maison. Et c’est après que j’ai pensé à une amie en même temps ancienne collègue, Jessy Mambougou Babissa dont je savais qu’elle était consommatrice à l’époque », ajoute-t-il. Lors de la perquisition, dix « cuisses » de cannabis auraient été retrouvées au domicile du mis en cause.

Devant la presse, Georges Mapessi a reconnu en être le propriétaire. Selon les éléments recueillis dans le cadre de l’enquête, la marchandise aurait été conditionnée en plusieurs unités destinées à la commercialisation. Sur les seize « cuisses » qui auraient été obtenues, six auraient déjà été vendues, chacune au prix de 25 000 francs CFA. Le trentenaire tente toutefois de minimiser son implication et soutient qu’il ne se serait pas lancé depuis longtemps dans le trafic de stupéfiants.

« Il s’avère que ce n’est pas la taille normale à laquelle j’ai vendu le produit. J’ai quasiment fait du bénévole. Je ne savais pas ce qui était dedans quand la marchandise est arrivée. Ma bêtise était de la garder », regrette-t-il.

Georges Mapessi affirme ainsi que sa principale erreur aurait été d’avoir conservé le colis à son domicile après l’avoir récupéré. Il nie par ailleurs être un trafiquant opérant depuis plusieurs années. « Je ne suis pas un trafiquant depuis des années. Non ! Faut pas dire que Ma mère fait dans la même chose. Elle avait juste été arrêtée pour ça. On ne vit pas dans ça, je fais venir mes sacs de tarots, bananes et arachides que je vends et j’ai même des dames qui vendent pour moi », prétexte-t-il.

 Selon les déclarations recueillies par les enquêteurs, la rencontre avec Jessy Mambougou Babissa aurait constitué une nouvelle étape dans l’écoulement de la marchandise. Les deux connaissances auraient mis en place un système permettant de vendre discrètement une partie du cannabis.

Les investigations devront désormais permettre d’établir avec précision les circonstances dans lesquelles la marchandise est arrivée à Port-Gentil, le rôle exact de Georges Mapessi dans sa détention et sa commercialisation, ainsi que les éventuelles responsabilités d’autres personnes.

 Placé sous mandat de dépôt le 31 août, Georges Mapessi retrouve ainsi derrière les murs de la maison d’arrêt de Port-Gentil son ancienne amie et collègue, Jessy Mambougou Babissa, elle aussi poursuivie dans cette affaire présumée de trafic de stupéfiants.

 Jean-Jacques Rovaria Djodji

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