Après trois jours de célébration, la 15e édition de la Fête des Cultures s’achève ce dimanche 23 août à Libreville. Relancée après huit années d’interruption, la manifestation, placée sous le thème « Réappropriation de nos valeurs culturelles », aura réuni expressions traditionnelles gabonaises et patrimoines étrangers, avec le Sénégal comme pays invité d’honneur.
Durant cette édition, les rythmes et pratiques traditionnels gabonais, notamment le Mwiri, le Bwiti et l’Ikokou, ont côtoyé les sonorités sénégalaises. La délégation sénégalaise, conduite notamment par l’ancien footballeur El Hadj Diouf, a présenté au public plusieurs facettes de son patrimoine, entre danse Mbalax, lutte, chants, costumes et gastronomie.
« Le Gabon et le Sénégal sont des pays frères, on a été très contents de l’accueil, merci aux Gabonais », a souligné El Hadj Diouf, ancien footballeur sénégalais, appelant les jeunes générations à renouer avec leurs langues, leurs traditions et les savoirs hérités des anciens. L’ambassadeur du Sénégal au Gabon, Mame Oumar Thiaw, a pour sa part salué une invitation qui traduit, selon lui, la qualité des relations entre Libreville et Dakar.

Pour le ministre de la Culture, Paul Ulrich Kessany, cette renaissance culturelle répond à la nécessité de préserver des pratiques menacées de disparition faute de transmission. « Se réapproprier sa culture, ce n’est pas vivre dans le passé. Ce n’est pas tourner le dos à la modernité », a-t-il expliqué, estimant que la connaissance des racines doit permettre aux nouvelles générations de s’ouvrir au monde sans perdre leur identité.
La programmation a notamment été enrichie par le Bal des Anciens, le concours de Ntcham, le Comedy Show et la rue des Saveurs, grand concert populaire avec Kôba Building, Baponga, Petit Mandela, Général Itachi etc. Le représentant de l’UNESCO a également rappelé que « la culture est peut-être la forme la plus vivante de la mémoire. Mais elle est aussi la forme la plus vivante de l’espérance ».

Une renaissance après huit ans d’interruption
Créée en 1997, la Fête des Cultures s’était progressivement imposée comme un rendez-vous majeur de valorisation du patrimoine gabonais, avant de connaître une interruption après son édition de 2018. La 15e édition, relancée sous l’impulsion des autorités, aura ainsi constitué un retour attendu de cette manifestation sur la scène culturelle nationale.
Après le lancement donné vendredi à Libreville par le Vice-président de la République, Alexandre Barro Chambrier, l’avenue Jean-Paul II (ex-Boul Bess) aura accueilli jusqu’à ce dimanche 23 août différentes expressions culturelles gabonaises et sénégalaises. Au-delà des spectacles, cette édition aura surtout voulu poser la question de la transmission des langues, des traditions, des savoir-faire et de la mémoire collective, dans un contexte marqué par les transformations sociales et l’influence croissante des nouvelles technologies.
Nkili Akieme
