SNI : précisions sur les plaintes d’une mère de famille dont la maison a été détruite à la Cité Mangoumba (Akanda)

La Société nationale immobilière (SNI) a publié un communiqué pour apporter ses « précisions » après la diffusion, sur les réseaux sociaux, d’une vidéo ayant rapidement circulé en ligne montrant une mère de famille désemparée devant les décombres de sa maison et de ses arbres fruitiers, détruits par des agents de l’entreprise publique à la Cité Mangoumba, dans la commune d’Akanda, au nord de Libreville.

Selon le document consulté par la rédaction de Gabonactu.com, « depuis 2014, la situation de cette famille fait l’objet d’un suivi par la Société Nationale Immobilière (SNI), dans le but de parvenir à une régularisation durable de son occupation au sein du titre foncier appartenant à la Société ».

La SNI affirme avoir proposé à la famille « la régularisation d’une superficie de 1 802 m² », une offre que la famille aurait refusée, celle-ci revendiquant selon l’entreprise « une emprise de plus de 2 hectares », une surface que la société publique dit ne pas pouvoir lui reconnaître « au regard des limites et des droits attachés au titre foncier de la SNI ».

L’entreprise indique également avoir constaté que plusieurs parcelles incluses dans son titre foncier « avaient été cédées par cette famille à des tiers, sans autorisation préalable de la SNI », ce qui aurait créé de nouvelles situations d’occupation à traiter.

Face à cette complexité, la SNI dit avoir « privilégié une démarche sociale » en intégrant les acquéreurs concernés à la Régularisation Foncière de Masse (RFM), un dispositif lancé par les autorités gabonaises. Ce programme, déjà déployé sur plusieurs sites du Grand Libreville, doit permettre à plus de 5 100 familles installées sur le patrimoine foncier de la SNI d’obtenir un titre foncier, dont un millier rien qu’à Akanda, une mesure exclusivement destinée aux familles gabonaises installées sur des terrains relevant du patrimoine foncier de la SNI, selon le ministère de tutelle.

Le communiqué précise que la famille concernée aurait elle-même sollicité son entrée dans ce dispositif, s’engageant à régler « progressivement, avec des conditions assez souples, la somme correspondant à la superficie attribuée qui est de 600 000 FCFA ». Malgré cet accord, la SNI affirme avoir constaté « la poursuite de constructions au-delà des limites de la superficie de 1 802 m² qui lui a été proposée ».

Au-delà du dossier foncier, la société publique dit avoir voulu apporter une réponse sociale : dans le cadre de sa politique de responsabilité sociétale d’entreprise, elle affirme avoir proposé à la famille « la reconstruction d’un logement moderne », dans l’objectif d’améliorer ses conditions d’habitation. Une offre « malheureusement (…) catégoriquement rejetée par la famille, qui privilégie à ce jour une démarche contentieuse », selon le texte.

La SNI rappelle enfin que la famille avait déjà perçu une indemnisation en 2011, lors de la libération des emprises ayant permis la construction du Stade de l’Amitié sino-gabonaise à Akanda.

Le site de Mangoumba, un dossier foncier sensible

Le litige s’inscrit dans un contexte plus large de tensions foncières autour du lotissement de Mangoumba. Lancé en 2012, ce projet porté par la SNI s’étend sur une superficie de 120 hectares et devait donner lieu, dans sa première phase de 75 hectares, à la commercialisation de 731 parcelles. Le chantier avait connu plusieurs années d’arrêt avant une reprise des travaux, notamment de la voie d’accès, engagée par la direction générale de la SNI après près de trois années de mise en friche.

Le dossier de Mangoumba avait par ailleurs été éclaboussé par une affaire judiciaire : un ancien dirigeant d’entreprise avait été placé sous mandat de dépôt, soupçonné de complicité dans un détournement de fonds destinés à la réalisation de ce lotissement social, dont le marché avait été rétrocédé de gré à gré en 2013.

La SNI conclut son communiqué en affirmant privilégier, « depuis plusieurs années (…) une approche fondée sur le dialogue, la régularisation foncière et l’accompagnement social », tout en disant vouloir préserver l’intégrité de son patrimoine foncier.

Marie Dorothée

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