CNAMGS : Il faut aller au-delà de la réforme administrative (Frank Nguéma)

Dans une communication faite sur son compte officiel Méta (ex Facebook) et abondamment partagée sur les médias sociaux, l’ancien député d’Akanda, Frank Nguéma, dit accueillir favorablement la décision du gouvernement sur la mise en place d’une Task-Force chargée de restructurer la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (Cnamgs). Pour autant, l’ancien membre du gouvernement, sous Ali Bongo Ondimba, suggère que la task-Force et les réformes préconisées ne produiront de véritables résultats que si elles dépassent la simple réorganisation administrative pour garantir un accès effectif aux soins à tous les assurés.

D’entrée, Frank Nguéma reconnaît que la création de cette Task-Force constitue « une bonne nouvelle », au regard des nombreuses difficultés auxquelles fait face la Cnamgs.

Il rappelle que ces dysfonctionnements affectent directement la protection sanitaire et sociale des populations et souligne que le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguéma, avait déjà annoncé son intention de veiller personnellement au redressement de l’institution.

S’appuyant notamment sur les conclusions du rapport 2025 de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Frank Nguéma estime toutefois que les difficultés de la Cnamgs ne se limitent ni à un problème de trésorerie ni à une question de gouvernance.

« Le véritable problème est beaucoup plus profond. Aujourd’hui, environ 76 % des Gabonais sont enregistrés à la CNAMGS, mais avoir une carte ne signifie pas toujours pouvoir recevoir tous les soins dont on a besoin », fait-il observer.

Selon lui, les mesures annoncées par le gouvernement : audit indépendant, sécurisation des fonds, lutte contre la fraude, digitalisation ou encore contrat de performance avec la direction générale sont nécessaires, mais elles visent principalement à améliorer le fonctionnement de l’établissement.

Pour Frank Nguéma, la véritable réforme devra désormais être évaluée à travers la qualité des services rendus aux assurés. Il appelle les autorités à identifier le nombre de patients effectivement pris en charge ; interroger les conditions d’accès aux médicaments et évaluer la rapidité d’accès aux soins ou encore les dépenses de santé restant à la charge des ménages.

« La réussite de la réforme ne devra plus être mesurée par le nombre d’assurés. Elle devra être mesurée par le nombre de gabonais effectivement soignés », martèle l’ancien ministre des sports.

Frank Nguéma estime qu’une telle approche permettrait au Gabon de disposer d’une Cnamgs plus performante, plus transparente et davantage tournée vers les besoins des populations. Pour lui, une assurance maladie efficace ne se résume pas à distribuer des cartes d’assuré, mais à garantir un accès réel et durable aux soins de santé.

Elliott Ana Merveille et Roberte Adé

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