Le président du patronat gabonais, Jean Jacques Francis Evouna, appelle les autorités à opérer un changement concret dans la conduite de la politique économique. Dans une adresse au chef de l’État, il estime que « le temps des intentions doit désormais céder la place aux résultats mesurables », invitant à des réformes structurelles jugées nécessaires pour soutenir une croissance tangible.
Au centre de cette prise de position, la mise en place d’un nouveau cadre de collaboration entre l’État et le secteur privé. L’homme d’affaires évoque un contrat de confiance fondé sur plusieurs priorités : la liberté d’entreprendre, la sécurité juridique et fiscale, le financement de l’économie réelle, la souveraineté industrielle et le développement du capital humain.
Parmi les propositions avancées, figure la création d’un guichet unique digital permettant de créer une entreprise en 48 heures, afin de réduire les délais administratifs. Il est également question d’instaurer une stabilité fiscale sur cinq ans pour sécuriser les investissements, ainsi que de mettre en place un fonds souverain destiné à soutenir les PME locales.
Le patronat insiste aussi sur la transformation locale des ressources naturelles. Bois, manganèse et produits agricoles sont identifiés comme des secteurs à valoriser à travers des zones industrielles dédiées, avec des incitations adaptées pour encourager la production sur le territoire national.
La question de l’emploi et de la formation occupe une place importante dans cette vision. Un programme visant à former 10 000 jeunes aux métiers techniques en trois ans est proposé, afin de répondre aux besoins du marché du travail et d’améliorer l’employabilité.
« Nous ne demandons pas des privilèges, mais des règles claires et équitables », a déclaré Jean Jacques Francis Evouna. Pour lui, l’enjeu dépasse le court terme et concerne les orientations économiques des prochaines années, avec des décisions à prendre dès maintenant.
À travers cet appel, le patronat met en avant la nécessité d’une action coordonnée entre les pouvoirs publics et les acteurs économiques, avec pour objectif de convertir les potentialités du pays en résultats concrets et mesurables.
Betines Makosso
