Affaire casques bleus gabonais : l’enquête piétine alors que le dernier soldat gabonais quitterait la Centrafrique ce samedi

Les enquêteurs gabonais dépêchés en urgence à Bangui pour faire la lumière sur les accusations d’exploitation et d’abus sexuels à l’origine de la décision de l’ONU de chasser le contingent gabonais de MINUSCA piétine alors que le dernier soldat gabonais devrait quitter la Centrafrique au plus tard ce samedi, selon des informations dignes de foi obtenues par la rédaction de Gabonactu.com

Les enquêteurs gabonais seraient butés à un manque de coopération du bureau de la MINUSCA et des ONG qui ont alerté sur les cas d’exploitation et d’abus sexuel.


La presse centrafricaine qui enquête sur le dossier n’y voit pas également clair. Sous le titre : Que se passe-t-il à la MUNISCA ? le journal centrafricain L’expansion N°1806 du 23 septembre 2021 livre une version qui semble disculper les soldats gabonais.

Voici ce qu’a écrit ce journal :

La décision unilatérale de l’ONU de retirer le contingent gabonais suscite de nombreuses interrogations en milieu centrafricain. C’est une décision entachée d’irrégularités et en violation du mémorandum d’entente. Aujourd’hui, beaucoup d’observateurs se posent la question de savoir, Qu’est-ce qui a motivé l’ONU à demander le retrait du bataillon gabonais à la MUNISCA ? À propos de cette décision unilatérale, une délégation constituée de plusieurs généraux est arrivée à bord d’un jet privé battant pavillon gabonais, qui a atterri à l’aéroport international de Bangui M’poko, en milieu de la journée du 19 septembre 2021.

 Selon des sources dignes de foi : « cette délégation est venue s’enquérir de la situation des cinq militaires qui sont mis en examen pour exploitation et d’abus sexuel sur un mineur, un élément de trop qui aurait permis à l’ONU de prendre une décision unilatérale, sans en référer ou discuter avec des autorités gabonaises comme convenu dans le mémorandum d’entente signé avec les pays engagés ». Dans le cadre de l’effectivité d’une procédure judiciaire qui serait diligentée, la délégation gabonaise s’est rendue tour à tour à Alindao et à Mobaye, le 21 septembre 2021 afin de rencontrer les présumées victimes. Mais cette délégation se serait butée à des fins de non-recevoir de la MUNISCA, de l’UNICEF et des ONG qui auraient rapportés les faits à travers des enregistrements audio qu’ils détiennent et ne veulent pas communiquer, comme ce fut le cas avec les militaires russes.

Selon des sources locales depuis Alindao et Mobaye : « toutes les personnes représentants l’administration, rencontrées par la délégation gabonaise, à savoir les représentants des ONG, l’administration judiciaire et médicale disent avoir été informées par la voie médiatique et déclarent tous n’avoir pas constaté ni entendu des plaignants au regard des allégations formulées ».

 Rappelons à Toute fin utile que les militaires gabonais sont permanents en Centrafrique depuis plus de 25ans, et durant leur présence, une telle situation n’avait jamais été vue. Que se passe-t-il exactement ? S’agit-il d’une énième dénonciation des ONG qui sont régulièrement victimes d’une nouvelle tendance d’escroquerie des parents ou des jeunes filles avides de monnaie, qui réclament des services rendus à des militaires en vue de leur départ du pays, et qui pour justifier les aides matérielles et financières transmettent des éléments erronés ? S’agit-il d’un problème qui attrait à la géopolitique avec les français qui veulent reprendre un dialogue constructif avec Bangui (https://www.rfi.fr/afrique/20210907), qui selon des sources concordantes mettent une pression sur les gabonais afin de quitter la Centrafrique au plus tard le 25 septembre 2021 ? Les autorités gabonaises vont-elles accepter que le contingent quitte la République centrafricaine sur une base non fondée ? Où sont ces cinq victimes ? N’est-ce pas que le contingent gabonais subit les conséquences d’une convoitise inédite de la France ? Au regard de ce qui se passe, il convient de rappeler que le Gabon est un pays frère de la sous-région CEMAC.

Pourquoi l’ONU décide-t-elle d’en découdre avec les pays de l’Afrique centrale qui appuient la RCA  dans le cadre de la restauration, de l’autorité de l’État, la paix et la sécurité ? Pourquoi, les contingents mauritaniens et marocains accusés de viols et d’abus sexuels sur mineures, n’ont pas quitté la MUNISCA ? De ce qui précède, il faut rétablir la vérité sur cette affaire.

Gabonactu.com & L’expansion


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