Un des nouveaux équipements de production et de distribution d’électricité à Port-Gentil / Gabonactu.com
Face à une situation devenue préoccupante pour les ménages comme pour les opérateurs économiques, l’exécutif gabonais annonce une série d’investissements destinés à renforcer les capacités de production et à moderniser les réseaux de production et de distribution d’eau et d’électricité à Port-Gentil. Le ministre de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie, Philippe Tonangoye, a présenté les grandes lignes de cette stratégie, mardi, lors d’une rencontre d’information organisée à la Foire municipale Pierre-Louis Agondjo Okawé. « Je ne suis pas venu faire des discours. Je suis venu apporter quatre messages : un message de vérité, un message de patience, un message d’espoir, mais aussi et surtout des solutions aux problèmes que Port-Gentil endure en matière d’eau et d’électricité », a-t-il déclaré en substance.

Sur le volet hydraulique, le gouvernement reconnaît que Port-Gentil fait face à des infrastructures devenues insuffisantes au regard de l’évolution de sa population. La ville, qui comptait environ 66 000 habitants il y a cinquante ans, en abriterait aujourd’hui près de 198 000. Ajouté à cela, le vieillissement des installations et surtout le phénomène d’intrusion saline observé au niveau de la prise d’eau de Mandorové qui s’aggrave notamment en saison sèche.
Pour y remédier, un nouveau dispositif hydraulique est envisagé. Selon le Directeur général de l’Eau, Sidney Boris Mambari Tsende, le programme prévoit notamment une nouvelle prise d’eau, un bassin de rétention et de stockage d’eau brute ainsi qu’une station moderne de traitement.
La future station devrait initialement produire jusqu’à 50 000 m³ d’eau par jour, avec une capacité appelée à atteindre à terme 100 000 m³ par jour. La construction de deux châteaux d’eau de 5 000 m³ chacun est également prévue, notamment dans les secteurs de l’aéroport et de N’tchengué.
Le programme prévoit ainsi la réhabilitation des infrastructures existantes et l’extension du réseau de distribution sur environ 120 kilomètres supplémentaires. L’objectif affiché est de porter la couverture du réseau à près de 90 % de la ville. Les autorités souhaitent engager les premiers travaux avant la fin de cette année, ou, au plus tard, au début de 2027.
Sur le front de l’électricité
L’exécutif mise notamment sur le renouvellement des équipements de production. Deux nouvelles turbines d’une puissance de 25 MW chacune, soit 50 MW au total, doivent remplacer des installations devenues anciennes.
Selon Yann Yangari, responsable de l’entreprise Aksa Gabon, chargée des opérations, les deux turbines sont déjà positionnées sur le site et les opérations d’installation et de raccordement ont débuté. Leur mise en production pourrait intervenir dans un délai de 40 à 45 jours. Cette phase de raccordement et d’essais pourrait toutefois occasionner quelques perturbations ponctuelles sur le réseau, a-t-il indiqué. À ces 50 MW doivent s’ajouter 40 MW supplémentaires prévus dans le cadre d’un autre projet.

Le renforcement annoncé représenterait ainsi près de 90 MW de puissance installée supplémentaire. Un apport particulièrement attendu alors que la demande de pointe à Port-Gentil est actuellement estimée entre 45 et 48 MW. À terme, la capacité installée de la ville pourrait atteindre environ 125 MW, offrant une marge plus importante pour répondre aux besoins des ménages et des entreprises, souligne-t-on.
Au-delà de la fourniture des services essentiels, le gouvernement présente ces projets comme un levier de relance économique. L’amélioration des fournitures d’eau et de l’électricité doit notamment favoriser le développement des activités industrielles et commerciales.
Les différents chantiers devraient également générer plusieurs centaines d’emplois directs, avec une volonté affichée de privilégier la main-d’œuvre gabonaise. Les PME nationales pourraient, elles aussi, bénéficier de nouvelles opportunités à travers les marchés de sous-traitance.
Féeodora Madiba et Jean-Jacques Rovaria Djodji
