Affaire Giovanni Boulingui : Une « intimidation », fulmine Geoffroy Foumboula

Le 2e vice-président du CESEC et acteur civique Geoffroy Foumboula Libeka Makosso © D.R

La garde à vue du porte-parole d’Ensemble pour le Gabon (EPG), Giovanni Boulingui, continue de susciter des réactions dans la classe politique et citoyenne. Dans une déclaration publiée après la confirmation de son maintien à la Direction générale des recherches (DGR) de Tchibanga, le 2e vice-président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC) et acteur civique, Geoffroy Foumboula Libéka Makosso, dénonce ce qu’il considère comme une pratique d’intimidation.

Pour Geoffroy Foumboula Libéka Makosso, la convocation devrait primer sur l’arrestation, la détention constituant selon lui une mesure exceptionnelle. Tout en précisant ne pas partager les mêmes opinions politiques avec Giovanni Boulingui, qu’il présente comme son « petit-frère » et un acteur politique de la Nyanga, il estime que leurs divergences doivent rester « une opposition d’idées et d’arguments uniquement ».

Il s’interroge ainsi sur les circonstances ayant conduit au placement en garde à vue du porte-parole d’EPG, notamment sur l’existence éventuelle d’un crime ou d’un délit flagrant. Il rappelle par ailleurs que M. Boulingui, en tant que citoyen et acteur politique est, selon lui, en droit d’exercer un « contrôle citoyen de l’action publique » et de critiquer les limites de ses adversaires, dans le respect de la loi.

Le porte-parole d’Ensemble pour le Gabon, Giovanni Boulingui © D.R

L’acteur civique va plus loin en mettant en garde contre le retour des pratiques qu’il assimile à de l’intimidation politique. « La politique, c’est d’abord l’argument et non la pression », affirme-t-il, tout en estimant que si la garde à vue était liée à une plainte, le fait pour Giovanni Boulingui d’avoir répondu à la convocation démontrerait sa disponibilité à collaborer avec la justice.

Il dit espérer que son cadet retrouvera rapidement la liberté et pourra, le cas échéant, faire valoir ses droits auprès des services compétents. « Nous n’avons pas combattu la 4ᵉ République pour voir les mêmes pratiques d’intimidation se reproduire en 5ᵉ République », conclut-il.

Giovani Boulingui, porte-parole Ensemble Pour Le Gabon (EPG) d’Alain Claude Bilie-By-Nzé , a été convoqué mercredi 26 août à l’antenne locale de la DGR à Tchibanga dans la province de la Nyanga (sud-ouest). Selon les éléments communiqués précédemment par son parti, il s’y était présenté à 13 heures avant d’être maintenu dans les locaux du service.

EPG avait alors demandé que les motifs précis de cette mesure soient officiellement communiqués et appelé ses militants et sympathisants au calme. À ce stade, les éléments transmis ne précisent pas les faits exacts à l’origine de la garde à vue ni une éventuelle qualification pénale retenue contre le responsable politique.

En séjour dans sa province natale, Giovanni Boulingui a récemment réalisé une série de vidéos, ventilées sur les réseaux sociaux, dans lesquelles il dénonce les insuffisances dans la mise en oeuvre des projets développement structurants dans la Nyanga, initiés par le régime du Président Brice Clotaire Oligui Nguéma.

Antoine Relaxe

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