Féfé Onanga et les membres de son groupe ont affiché, mardi à Port-Gentil, leur opposition à tout retour d’Ali Bongo Ondimba aux affaires. Réunis au domicile de leur leader, au Grand Village, ils ont également mis en garde contre toute tentative de déstabilisation du pays, tout en apportant leur soutien au président Brice Clotaire Oligui Nguema.
Au cœur de cette sortie politique figure le bilan des quatorze années de pouvoir d’Ali Bongo Ondimba. Pour Féfé Onanga, l’ancien président doit d’abord répondre de son bilan avant de prétendre retrouver une place dans la vie politique nationale.
« Qu’est-ce qui a empêché Ali, pendant quatorze ans, de faire du Gabon ce qu’Oligui vient de faire en trois ans ? », s’est-il interrogé.
Le responsable politique est aussi revenu sur son propre parcours sous l’ancien régime, évoquant notamment son arrestation en 2015 et son incarcération à Port-Gentil.
Féfé Onanga a surtout appelé les populations à rester vigilantes face à toute éventuelle tentative de déstabilisation. Il refuse notamment que les rivalités politiques puissent conduire à de nouvelles violences.
« Il est hors de question qu’il y ait une effusion de sang parce que des gens mal intentionnés veulent prendre le pouvoir », a-t-il martelé.
Le leader du groupe a, par ailleurs, apporté son soutien à Brice Clotaire Oligui Nguema. Il entend accompagner l’action du chef de l’État jusqu’au terme de son premier mandat et juger ensuite son bilan sur la base des résultats obtenus.
La situation de Port-Gentil a aussi occupé une place importante dans son intervention. Féfé Onanga estime que la capitale économique mérite davantage d’attention, notamment dans les secteurs de la santé et des infrastructures. Il souhaite que les investissements annoncés profitent davantage aux habitants de la cité pétrolière.
Le Pr Albert Ondo Ossa a également fait l’objet de critiques. Féfé Onanga conteste notamment sa revendication du titre de « président élu », en référence à la présidentielle de 2023. Il lui reproche aussi certaines prises de position contre les autorités actuelles.
« Nous avons besoin de celui qui pose des actes, de celui qui est capable de changer nos vies », a-t-il déclaré.
Le secrétaire général du groupe, Delphin Mboumba Moussounda, a lui aussi critiqué le discours de l’universitaire. Pour Féfé Onanga et ses proches, les priorités doivent désormais porter sur le développement du pays et l’amélioration des conditions de vie. Une ligne politique qui ferme clairement la porte à un retour de l’ancien régime et appelle à préserver la stabilité du Gabon.
Jean-Jacques Rovaria Djodji
