Forum économique de l’Ogooué-Ivindo : Fortescue Belinga affiche ses ambitions

Présent au Forum économique de l’Ogooué-Ivindo à Makokou, Fortescue Belinga a présenté les perspectives de développement du projet de fer de Belinga, ainsi que ses ambitions en matière d’emploi, de formation, d’infrastructures et de création de valeur locale. À l’horizon 2030, l’entreprise envisage une première expédition de minerai, sous réserve des études, des autorisations et d’une décision finale d’investissement.

Le projet Belinga continue de se positionner au cœur des perspectives de transformation économique de l’Ogooué-Ivindo et plus largement, de diversification de l’économie gabonaise. C’est dans cette optique que Fortescue Belinga a pris part au Forum économique de l’Ogooué-Ivindo, organisé à Makokou, pour présenter sa vision et échanger sur les conditions nécessaires au développement progressif du projet.

Intervenant lors d’une table ronde, le directeur général de Fortescue Belinga, Edward Kalajzic, a insisté sur la dimension stratégique du projet, appelé à se construire progressivement au rythme des études, du développement des compétences locales et de la mise en place des infrastructures nécessaires.

« Il représente non seulement une opportunité de croissance significative pour Fortescue, mais surtout, il a le potentiel de soutenir la diversification économique du Gabon », a déclaré M. Kalajzic.

Le Directeur général de Fortescue Belinga, Edward Kalajzic durant le forum économique de l’Ogooué-Ivindo © D.R

Belinga, un projet qui avance par étapes

À Belinga, les travaux d’exploration ont franchi une étape importante. La première phase de forage est désormais largement achevée, avec plus de 225 000 mètres de forage à circulation inverse répartis sur plus de 1 470 trous, auxquels s’ajoutent plus de 17 500 mètres de forage au diamant.

Ces opérations doivent permettre de mieux caractériser les ressources et le potentiel du gisement, tout en fournissant les données nécessaires aux prochaines décisions concernant le développement du projet.

L’exploration ne se limite toutefois plus au seul périmètre de Belinga. En 2026, les équipes de Fortescue ont également étendu leurs travaux à d’autres zones. À Batouala, les forages ont débuté en mai et se trouvent encore à leurs débuts. Des activités d’exploration sont également envisagées à Boka Boka.

Selon Edward Kalajzic, « ces études contribueront à orienter les futures décisions de développement à mesure que nous avançons ».

Au-delà de l’exploration, Fortescue Belinga met en avant les retombées déjà générées par le projet sur le plan de l’emploi. Selon Edward Kalajzic, 1 246 emplois directs et indirects sont actuellement soutenus par le projet.

La main-d’œuvre locale occupe une place importante dans ces effectifs : 82,22 % des employés sont de nationalité gabonaise, tandis que 56,75 % sont originaires de la province de l’Ogooué-Ivindo.

Pour l’entreprise, cette dynamique constitue un élément central de sa stratégie visant à développer progressivement une expertise nationale capable d’accompagner les différentes phases du projet.

« We Train for Gabon », un programme visant à miser sur les compétences

Cette volonté se traduit notamment par le programme « We Train for Gabon », destiné à renforcer les compétences des ressortissants gabonais dans le domaine minier.

Les participants posant pour la postérité © D.R

Le programme offre à 50 Gabonais une formation ainsi qu’une expérience pratique des méthodes minières australiennes. Sa particularité repose sur une approche fortement axée sur la pratique, venant compléter les enseignements théoriques.

En juillet dernier, le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, s’était rendu en Australie dans les installations de Fortescue. Cette visite avait notamment permis de saluer les premiers diplômés du programme et de renforcer le partenariat entre le gouvernement gabonais et le groupe minier.

Fortescue Belinga inscrit son projet dans une perspective industrielle de long terme. L’entreprise table sur une première expédition de minerai en 2030, mais cette échéance demeure conditionnelle.

« La première expédition de minerai est prévue pour 2030, sous réserve d’une décision finale d’investissement, des études et de l’obtention des autorisations nécessaires », a précisé Edward Kalajzic.

Autrement dit, le calendrier annoncé reste tributaire de plusieurs étapes déterminantes, notamment  la poursuite des études techniques, les décisions d’investissement et l’obtention des autorisations réglementaires requises.

La solidité financière du groupe en soutien

La capacité de Fortescue à porter des investissements industriels de grande ampleur repose également sur les performances financières de sa maison mère. Le groupe affiche ainsi un bénéfice net sous-jacent après impôts de 3,5 milliards de dollars américains, en hausse de 3 % par rapport à l’exercice 2025.

Le groupe revendique également un bénéfice sous-jacent par action de 1,13 dollar américain, soit 1,66 dollar australien, illustrant, selon l’entreprise, sa capacité à maintenir de solides performances tout en poursuivant ses investissements et son développement à l’international.

Pour Fortescue Belinga, l’ambition dépasse ainsi la seule exploitation d’un gisement : Belinga se veut un projet industriel de long terme, susceptible de contribuer à la diversification économique du Gabon et au développement de l’Ogooué-Ivindo, province dépourvue encore presque de tout, localisée dans le nord-est du pays.

Camille Boussoughou

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