Réforme de la fonction publique : Le FDS désavoue le gouvernement et exige un dialogue social

Le Front Démocratique Socialiste (FDS) + le parti fondé par Ange Kevin Nzigou, un proche du président Brice Clotaire Oligui Nguema + a exigé vendredi l’ouverture d’un « dialogue social sincère » avec le gouvernement gabonais sur le projet de réforme de la fonction publique et la suppression envisagée de l’avancement automatique des fonctionnaires.

Le parti dit avoir pris connaissance de cette orientation à l’issue d’un atelier de validation de projets de loi organisé par le ministère de la Fonction publique, ainsi que par les propos tenus par le directeur général de la Fonction publique lors d’un journal télévisé.

Dans un communiqué, le FDS estime que l’avancement automatique « constitue un mécanisme essentiel de reconnaissance de l’expérience, de stabilité des carrières et de sécurité professionnelle« . Selon la formation politique, « le remettre en cause sans garanties suffisantes pourrait fragiliser les agents publics et accentuer les inégalités de traitement ».

Le parti rappelle que les fonctionnaires gabonais sortent de « près de dix années de gel de leurs carrières« , une période qui a, selon lui, pesé sur leur évolution professionnelle, leur pouvoir d’achat et leur motivation. Il affirme que de nombreux agents n’ont pas encore été rétablis dans l’intégralité de leurs droits en matière de reclassement, d’avancement et de régularisation administrative.

Dans ces conditions, le FDS juge que supprimer l’avancement automatique avant d’avoir réparé les conséquences de cette période « serait perçu comme une mesure particulièrement injuste et de nature à accroître le sentiment de frustration au sein de la fonction publique« .

Le parti dit ne pas ignorer les « défis économiques » auxquels le pays est confronté et reconnaît que la maîtrise de la masse salariale de l’État « est une exigence de responsabilité budgétaire« . Il estime toutefois qu' »une réforme de cette ampleur ne peut être guidée par le seul impératif financier » et qu’elle doit préserver « les principes d’équité, de transparence et de justice« .

Le FDS déplore par ailleurs « le peu, voire le manque d’implication des organisations syndicales » dans le processus, jugeant qu’une réforme aussi structurante ne peut être élaborée sans une concertation « sincère, inclusive et permanente » avec les partenaires sociaux.

Le parti met également en garde contre les « risques d’arbitraire » que pourrait entraîner la fin de l’avancement automatique si les évaluations individuelles censées le remplacer ne reposent pas sur des critères « objectifs, transparents, mesurables et applicables à tous de manière équitable ». A défaut, prévient-il, la réforme « risquerait de favoriser le clientélisme, les traitements inéquitables et les décisions discrétionnaires« .

Le FDS appelle en conséquence le gouvernement à « privilégier une véritable concertation avant toute adoption définitive » du texte et à « suspendre toute décision définitive » tant qu’une concertation n’aura pas été menée avec les syndicats, les représentants des fonctionnaires et les autres acteurs concernés.

Le parti affirme rester « disponible pour contribuer, dans un esprit constructif » à l’amélioration du projet, « dans l’intérêt supérieur de la Nation et des travailleurs gabonais« .

Marie Dorothée

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