Cité de la démocratie : Sommets de l’UA et de la Francophonie en ligne de mire

Inaugurée en toute pompe dimanche dans la foulée de la célébration du 1er anniversaire de la prestation de serment du président Brice Clotaire Oligui Nguéma en qualité de président élu du Gabon, le complexe des conférences internationales de la Cité de la démocratie pourrait recevoir dès l’année prochaine le sommet de l’Union africaine et en 2030 celui de la Francophonie.

« Je formule le vœu ardant de voir se tenir ici même le sommet de l’Union africaine en 2027 et de la Francophonie en 2030 », a déclaré Oligui Nguema dans son discours inaugural du complexe.

Une ambition qui, au-delà de sa portée symbolique, traduit une volonté politique de repositionner le pays sur l’échiquier diplomatique africain et au sein de l’espace francophone.

En effet, le Gabon avait accueilli son tout premier et dernier sommet de l’Organisation de l’union africaine (OUA) devenue Union africaine (UA) en 1977. Les assises s’étaient tenues à la Cité de la démocratie, construite par Omar Bongo pour la circonstance. A l’époque, le pays surfait sur les pétrodollars. Le Gabon était l’un des géants africains du pétrole.

Le complexe avait été démoli, dynamité en 2013 pour cause d’amiante. Un projet de construction d’un circuit de golfe était envisagé à l’endroit mais la crise économique mondiale de 2014 avait fait échouer le projet du régime. L’emblématique cité de la démocratie, symbole du rayonnement du Gabon sous Omar Bongo était désormais rangée dans les oubliettes.

La nouvelle cité a été érigée au même endroit où se trouvait l’ancienne. L’environnement a été radicalement transformé. Un nouveau palais des congrès d’une capacité de 3000 places assises trône de la cité. Il a été baptisé Omar Bongo Ondimba.

54 villas de haut standing destinés à accueillir dans des conditions identiques les 54 autres chefs d’Etat du continent excepté le pays hôte, sont en cours de construction. Plusieurs infrastructures sont également en cours de construction dans le complexe. Une clique pour la prise en charge urgente d’éventuels cas est déjà opérationnelle y compris un point d’atterrissage d’hélicoptères.

Au-delà de la dimension politique, ce projet s’inscrit dans une stratégie économique plus large. En misant sur le tourisme d’affaires et le segment des conférences internationales, le Gabon entend diversifier ses sources de croissance, longtemps dépendantes du pétrole. L’objectif est clair : faire de Libreville une plateforme régionale incontournable pour les sommets, forums et rencontres de haut niveau.

Ainsi, la Cité de la démocratie ne se limite pas à un simple complexe architectural. Elle incarne une ambition renouvelée : celle d’un Gabon tourné vers l’avenir, désireux de conjuguer héritage historique, influence diplomatique et diversification économique.

Carl Nsitou

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