Libertés – Répressions : Pays en « danger », Oligui Nguéma doit rectifier le tir (Jean Valentin Léyama)

Dans une publication faite ce jeudi sur son compte Méta (ex Facebook) et abondamment partagée sur les médias sociaux, l’acteur politique, Jean Valentin Léyama, peint un tableau peu reluisant, c’est peu dire, de la gouvernance socio-politique et institutionnelle actuelle. S’appuyant sur un rapport qu’il juge « accablant » de l’ONU, dans un contexte marqué par le recul du Gabon sur le classement mondial 2026 de l’ONG Reporters sans frontières (RSF), publié mercredi, dans la cadre de la Journée internationale de la liberté de la presse (03 mai), l’ancien député de la transition affirme qu’à seulement une année de l’entame du mandat présidentiel, « il est encore temps pour le président Brice Clotaire Oligui Nguéma de se hisser au rang des hommes d’Etat du continent ».

Jean Valentin Léyama trouve particulièrement à rebours qu’à l’ère dite de la 5ème république, beaucoup trop d’acteurs politiques et de la société civile, soient été inquiétées par la justice. Un palmarès peu glorieux, sous le règne du président Oligui Nguéma, a-t-il allégué.

Citant, sans être exhaustif, les cas Hervé Patrick Opiangah, Christian N’nang Nsome, Harold Léckat, Marcel Libama, Simon Ndong Edzo, Bob Mengome, Roland Olouba Oyabi, Médard Tounda Youbi et Alain-Claude Bilie-By-Nzé, M. Léyama croit savoir que le trait commun entre les intéressés est moins les présumés délits de droit commun pour lesquels ils sont officiellement poursuivis, mais plutôt le fait d’avoir commis un crime de devenu grave sous la 5ème république, celui d’avoir refusé la pensée unique et de servir de « laquais », a-t-il asséné.

« Comme elles sont si lointaines, rangées désormais dans les placards, les promesses de restauration du discours solennel du 3 septembre 2025, lequel avait suscité d’immenses espoirs », déplore M. Léyama, qui s’inquiète de ce que la restriction de l’espace des libertés n’instaure un climat de peur et de suspicion qui soulève chaque jour, une question lancinante : « à qui le tour ? », s’est-il interrogé.   

Flagorneurs et autres courtisans

L’ancien député de la transition regrette par ailleurs que dénoncer, s’indigner, fait désormais classer son auteur dans les rangs des « Oligophobes », qui seraient à ses yeux, « une espèce dangereuse à surveiller de très très près », avant de s’interroger si « l’ONU et l’ONG Reporters sans frontières, n’aimaient pas, elles non plus, Oligui Nguéma ? ».

Au passage, il ne manque pas d’égratigner la posture actuelle des contempteurs des régimes précédents, champions défenseurs des droits de l’homme, très actifs et virulents hier, qui auraient rejoint le camp de « l’oppresseur », tentant par diverses contorsions de justifier les abus.

« Quand on observe le sort cruel subit par des tenants du pouvoir à la suite de leur disgrâce, il ne faut pas se faire d’illusions : le pouvoir n’a pas d’amis et personne n’est à l’abri », prévient Jean Valentin Léyama.

M.-O. Mignonne

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error

Vous aimez l'article? Merci de le partager.