Le Gabon a perdu 2 points au classement mondial 2026 établie par l’ONG Reporters sans frontières (RSF) mais, il reste parmi les pays les mieux notés en Afrique se situant désormais au 43ème rang mondial contre le 41ème rang en 2025.
« Malgré une amélioration de la liberté de la presse après le coup d’État du 30 août 2023 ayant renversé Ali Bongo Ondimba, l’avènement d’une presse libre et indépendante reste un chantier inachevé au Gabon », analyse RSF dont le rapport annuel est l’un des outils d’aide à la décision le plus consulté au monde.
« La culture d’une presse libre et indépendante peine à s’établir, y compris en ligne. Le secteur audiovisuel est dominé par les médias publics, très partisans. Les journalistes indépendants se voient écartés des manifestations officielles », explique l’organisation.
« Les journalistes gabonais continuent de faire l’objet d’intimidations, notamment au travers de convocations par des services de sécurité », regrette le rapport qui reconnait tout de même quelques améliorations depuis le coup d’Etat du 31 août 2023.
« Des journalistes sont encore convoqués au commissariat sur la base du Code pénal » malgré l’existence du code de la communication de 2016 qui dépénalise les délits de presse, déplore le rapport.
Le Gabon est le meilleur pays pour les journalistes en Afrique centrale. Sur le continent africain, l’Afrique du sud et la Namibie sont les premiers pays où il fait beau vivre pour la presse (21 et 23 rang mondial) devant la France classée 25ème.
Le fonctionnement de la Haute autorité de la communication (HAC) justifie en partie les mauvaises notes du Gabon.
L’organisation rappelle qu’une nouvelle loi promulguée le 3 juillet 2023 a remis en place son ancien mode de nomination qui fait craindre une vassalisation de cet organe : le pouvoir désigne désormais l’ensemble de ses neuf membres, et les journalistes, qui pouvaient auparavant en désigner deux, sont désormais relégués au rang de simples spectateurs.
« Les journalistes, en particulier les indépendants, ont des difficultés à accéder aux sources officielles du nouveau régime », regrette le texte.

Plus grave, rappelle RSF, l’article 55 de la loi organique régissant la HAC est utilisé de manière abusive et laisse à son président la possibilité de sanctionner un média sans réunir les neuf membres de l’organe. L’amendement de la loi modifiant son mode de nomination a par ailleurs été adopté dans l’opacité la plus totale.
Paysage médiatique
Selon RSF, le retour du multipartisme en 1990 s’est accompagné de la création de nombreux médias. La presse écrite compte désormais plus d’une soixantaine de titres. L’Union, le seul quotidien national, est le journal le plus emblématique. Échos du Nord, La Loupe, L’Aube et Le Temps sont les hebdomadaires privés les plus lus. La presse en ligne est en pleine croissance et les sites les plus consultés sont Gabonreview, Gabon Media Time et Gabonactu.com. Les chaînes d’État telles que Gabon Première et Gabon 24 restent très influentes malgré.
Carl Nsitou
