C’est la surchauffe dans les arcanes du football, parmi les amateurs du ‘’sport roi’’ et dans l’opinion nationale, à 17 jours de l’élection (18 avril 2026) à la tête de la Fédération gabonaise de football (Fégafoot), dirigée depuis 12 ans, soit trois mandats de 4 ans, par Pierre Alain Mounguéngui. La poussée d’adrénaline est telle qu’à la suite de la validation de la seule candidature du président sortant et l’invalidation des candidatures rivales, pour diverses raisons, viennent à jeter de l’huile sur le feu. Comme si ces deux faits ne suffisaient pas déjà à vicier l’atmosphère, la décision du juge des référés qui s’est déclaré incompétent à se saisir et à se prononcer sur les requêtes des intéressés en rajoute au climat délétère, dans une microcosme footballistique national profondément divisé et déchiré par la perspective de cette élection à la tête de la Fégafoot.

Particulièrement ‘’courroucées’’, les principales associations de défense des intérêts des footballeurs gabonais, l’Association nationale des footballeurs professionnels du Gabon (ANFPG) et l’Association des footballeurs du Gabon (AFG), ont dans une déclaration conjointe ‘’musclée’’, contesté la validation de la candidature de Pierre Alain Mounguéngui.
« Nous demandons à la Commission de recours électoral de la Fégafoot l’infirmation de cette validation, le sursis immédiat à toute poursuite du processus électoral concernant cette liste et le réexamen complet des griefs d’intégrité soulevés. Ce que nous contestons, ce n’est pas seulement une candidature. C’est la banalisation de l’inacceptable. C’est la volonté de tourner la page sans vérité, sans responsabilité et sans rupture », fulminent l’ANFPG et l’AFG.
Cette démarche prolonge les saisines déjà introduites sur des questions d’éthique, d’intégrité et de sincérité du processus électoral en cours par les deux associations qui affirment que le football gabonais ne se relèvera ni par le silence, ni par les arrangements, ni par les apparences de régularité ; mais plutôt par le courage, l’exigence éthique et par une rupture claire avec les défaillances du passé, souligne-t-on.
« Il est hors de question qu’il revienne à la tête de cette institution. Pour y parvenir, il devra nous passer sur le corps », a tempêté, dans un post abondamment partagé sur les réseaux sociaux, attribué au Président de l’ANFPG, l’ancien défenseur central international, Rémy Ebanéga, qui appelle le président de la République Gabonaise et la FIFA, garants du respect des textes, à assumer pleinement leurs responsabilités, si la candidature de M. Mounguéngui venait à prospérer.
Griefs
Dans une autre publication devenue virale sur la toile, une certaine Coalition pour le salut du football gabonais (CSFG), appelle les acteurs du football gabonais, les patriotes et les amoureux du football à une grande marche, ce vendredi, visant à dénoncer « les nombreuses violations du processus électoral et le passage en force orchestré par l’équipe sortante », peut-on lire.

Cette marche, qui aura pour point de chute le ministère en charge des sports, sera conduite par les candidats déclarés à l’élection à la présidence de la Fégafoot, les responsables des clubs amateurs et professionnels, les footballeurs (anciens et en activité), les entraîneurs, les associations sportives et les associations de supporters, renseignent les organisateurs.
Tous, dénoncent le verrouillage du processus électoral et un bilan jugé négatif du président sortant, marqué par des échecs accumulés. Leurs critiques portent notamment sur une gestion opaque, l’absence de résultats sportifs majeurs et la marginalisation des acteurs du football gabonais.
Recours
Selon la Commission électorale, les candidatures rivales à celle de Pierre Alain Mounguéngui présentaient des manquements significatifs, notamment l’absence des parrainages suffisants, défaut de caution, dossiers incomplets, irrégularités dans la composition des listes.
En invoquant son incompétence, le juge de référés renvoie de toute évidence les plaignants devant les instances juridictionnelles sportives compétentes, en l’occurrence le Tribunal arbitral du sport (TAS), juge de fond, seul habilitée à trancher des litiges sportifs.
Or, Le Tribunal arbitral du sport assoit généralement ses décisions sur le respect des statuts des fédérations ; ainsi que le respect et l’épuisement de toutes les voies de recours prévues par lesdits statuts.

En considération des délais impartis, l’élection étant prévue le 18 avril en cours, il y a fort à parier que le processus électoral se poursuive allègrement et que le scrutin se tienne sans coup férir, avant que n’intervienne la décision du TAS qui n’entend jamais se faire dicter ni la conduite, ni le timing.
Le contrairement ferait suspendre l’épée de Damoclès sur le football gabonais qui pourrait être sanctionné par les instances faîtières du football continental (la CAF) et international (la FIFA), jalouses de l’indépendance du ‘’sport roi’’, proscrivant toutes obstructions et intrusions, d’où qu’elles viennent.
Elliott Ana Merveille
