ONU : la traite négrière reconnue comme crime majeur contre l’humanité

L’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies (ONU) a adopté mercredi 25 mars 2026 à New York, une résolution reconnaissant la traite des esclaves africains comme le crime le plus grave contre l’humanité. Portée par le Ghana, cette résolution vise à renforcer la reconnaissance historique de ce drame et à ouvrir la voie à des démarches liées à la justice réparatrice.

Dans son intervention, le président ghanéen John Dramani Mahama a insisté sur l’ampleur des faits, évoquant plus de 12,5 millions d’Africains déportés et des millions de morts. Il a plaidé pour des excuses officielles, la restitution des biens culturels et des réparations.

« Aujourd’hui, nous sommes rassemblés solennellement et solidairement pour proclamer la vérité et poursuivre le chemin vers la guérison et la justice réparatrice. L’adoption de cette résolution sert également de garde-fou contre l’oubli », a-t-il déclaré.

Soutenu par le ministre ghanéen des Affaires étrangères Samuel Okudzeto Ablakwa, le texte appelle explicitement les anciennes puissances coloniales européennes et les États-Unis à reconnaître leur responsabilité historique. Entre le XVe et le XIXe siècle, entre 12 et 15 millions d’Africains ont été déportés vers les Amériques et les Caraïbes, dont plus de deux millions seraient morts durant la traversée.

Le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a souligné la portée systémique de cette tragédie. « Aujourd’hui, nous commémorons une profonde trahison de la dignité humaine […] Ces actes monstrueux étaient au cœur d’un ordre économique et social mondial », a-t-il affirmé, mettant en avant les conséquences durables de l’esclavage sur les sociétés contemporaines.

Adoptée par 123 voix pour après une approbation préalable de l’Union africaine en février, la résolution a toutefois suscité des divergences. Trois pays — Israël, l’Argentine et les États-Unis — ont voté contre, tandis que 52 États, dont le Royaume-Uni et plusieurs membres de l’Union européenne, se sont abstenus. Le représentant français auprès de l’ONU, Sylvain Fournel, a exprimé des réserves sur la notion de hiérarchisation des crimes contre l’humanité.

Au-delà des positions divergentes, le texte met en avant l’ampleur, la durée et la brutalité de la traite transatlantique, ainsi que ses effets persistants. Cette reconnaissance s’inscrit dans un débat international plus large sur la mémoire, la responsabilité historique et les mécanismes de réparation liés à l’esclavage.

Christina Telyn Ondo

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