Garages à ciel ouvert : Entre anarchie, nuisances, pollution et danger public

Dans la presque totalité des quartiers de Libreville et des principales agglomérations du pays, l’insoluble équation de la présence et de la prolifération des garages à ciel ouvert suscite de légitimes préoccupations et vives inquiétudes parmi les habitants. Installées au cœur des zones d’habitation, ces structures informelles exposent les riverains à de multiples risques liés à la sécurité, à l’environnement et à la santé.

Ces ateliers de réparation automobile, souvent installés sur des terrains non aménagés, notamment en bordure de routes, fonctionnent sans encadrement ni infrastructures adaptées.

Véhicules accidentés, pièces mécaniques usagées et produits chimiques répandus dans la nature, comme l’huile de moteur ou les solvants, se retrouvent à même le sol, polluant les sols et risquant de contaminer les eaux environnantes.

« Depuis qu’ils ont transformé les parkings en garages à ciel ouvert à Ozangué, c’est l’enfer ici. Bruit de marteaux et de moteurs du matin au soir, huiles qui coulent partout, pièces qui traînent par terre… Les enfants risquent de se blesser et on respire ces vapeurs toxiques toute la journée. Les autorités ne font rien, mais nous on en peut plus ! » témoigne Amadou K., résident du quartier Ozangué, dans le 5ème arrondissement de Libreville.

A quelques mots près, Sylver Ndong et Raphaël Kossalo qui habitent respectivement Cosmopark (3ème arrondissement) et Nzeng-Ayong (6ème arrondissement), se plaignent des mêmes maux et difficultés d’existence, pour lesquels ils accusent les responsables desdits garages et rendent coupables, pour complicité, les autorités et services municipaux compétents.

Au-delà des impacts environnementaux, ces garages anarchiques, parfois improvisés, posent un réel danger pour la sécurité des habitants alentours. Les enfants qui jouent à proximité sont exposés à des objets tranchants, des débris métalliques ou des véhicules en cours de réparation, sans aucune mesure de protection.

Les nuisances sonores permanentes et l’encombrement des voies publiques complètent le tableau. Les réparations effectuées en pleine rue perturbent la circulation et rendent certains espaces difficilement accessibles aux riverains.

Face à cette situation, les populations appellent à une meilleure organisation du secteur, à une réglementation plus stricte et à des sanctions et pénalités aux récalcitrants ; tout en permettant à cette activité économique vitale de se poursuivre dans de meilleures conditions.

La question des garages à ciel ouvert révèle un enjeu majeur d’aménagement urbain et de sécurité publique au Gabon. Trouver un équilibre entre l’utilité certaine de cette activité, les besoins réels des mécaniciens et automobilistes et la qualité de vie des populations reste aujourd’hui une priorité pour préserver le bien-être de tous.

Elliott Ana Merveille et Darène Mabelle Ayingone

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